Autre événement marquant:
- 400e anniversaire de la ville de Québec
Sur la scène fédérale canadienne, la fin abrupte de la séduction conservatrice au Québec, laquelle avait pourtant commencé avec un fédéralisme d'ouverture prometteur en 2006, a privé le Parti conservateur du Canada (PCC) d'une majorité gouvernementale à la Chambre des communes lors des élections fédérales du 14 octobre 2008. Il importe de rappeler que la progression fulgurante du PCC au Québec en était venue à le placer en tête des intentions de vote dans la province à la fin du mois d'août. Or, comme le mentionnait Michel C. Auger dans une récente analyse, le PCC a brutalement brisé le lien de confiance que les stratèges conservateurs avaient minutieusement tissé avec les Québécois en vilipendant la légitimité des élus du Bloc québécois (affaire Fortier), en sabrant dans les programmes de subventions accordées au milieu culturel, en songeant à retirer les subventions publiques aux partis politiques et le droit de grève aux employés de l'État et en déclarant qu'une coalition PLC-NPD avec le Bloc serait un pacte avec le diable, ce dernier étant apparemment incarné par les « séparatistes ».
Aux États-Unis, la victoire inspirante du démocrate Barack Obama au fil d'arrivée présidentiel, suite à une course effrénée de plus d'un an, fut alimentée par la pire débandade des marchés financiers depuis la Grande Dépression de 1930 et par un bilan républicain entaché par des guerres interminables et par un président - George W. Bush - en mal de popularité. Fait singulier, cette période noire du krach boursier avait aussi porté au pouvoir un candidat démocrate : Franklin Delano Roosevelt. Architecte du New Deal, le président Roosevelt, réélu à quatre reprises, avait condamné les années de déréglementation abusive en proposant un interventionnisme gouvernemental qui jetta les bases d'un État-providence libéral plus juste et plus solidaire. Illustre succésseur du capitalisme sauvage, le keynésiannisme revint à la mode en 2008, l'augmentation contra-cyclique des dépenses gouvernementales en période de récession s'étant notamment traduite par des grands travaux d'infrastructures et par des nationalisations temporaires de certaines banques opérés par les administrations publiques nord-américaines et européennes. Tentant de concerter leurs interventions économiques, les pays du G20 auront peut-être quelques sympathies à l'égard des critiques du président français Nicolas Sarkozy et du premier ministre britannique Gordon Brown envers le système capitaliste. Les positions multilatéralistes du nouveau président élu Barack Obama faciliteront sans aucun doute les dialogues à ce sujet.
Les dés sont jetés pour l'année 2009.












