Y aura-t-il des élections fédérales au Canada prochainement?Cette question, à la bouche de tous les journalistes, nous enchante-t-elle réellement? Prenons quelques secondes pour y réfléchir. Pour y parvenir, commençons par poser un premier regard sur cette question. S'il y avait des élections aujourd'hui, qui pourrait prendre la relève de Stephen Harper?
Stéphane Dion, qui s'amuse à modifier ses positions en fonction des fluctuations statistiques et statiques des résultats libéraux dans les sondages, à la manière d'un apprenti funambule, n'a rien promis aux Canadiens ; inutile, par conséquent, de dire qu'il n'a rien à offrir aux Québécois. Pis encore, il se pose en héritier du trudeauisme, lequel entend proclamer le canadianisme centralisateur, multiculturel et antinationaliste.
À ses côtés, le « Canada d'ouverture » des conservateurs a toutes les raisons de sourire puisqu'il a réhabilité la thèse des deux peuples fondateurs, ce qui est, et de loin, plus conciliant et réaliste. Le nœud de la guerre, qui s'avérait être la seconde différence majeure entre le conservatisme et le libéralisme au Canada, vient apparemment d'être dénoué par le chef du PLC, ce dernier ayant souscrit à la prolongation de la mission en Afghanistan, recommandée par le rapport Manley.
Jack Layton, à la tête d'une version canadienne gauchiste du Bloc québécois, ne parvient pas à renforcer la crédibilité de son discours et peine à briller davantage que son bras droit Thomas Mulcair.
Le Parti vert d'Elizabeth May, quant à lui, n'a que très peu d'assises dans la cour québécoise et s'entête à ne prendre position qu'en matière d'environnement.
Le Bloc québécois, éternel défenseur des intérêts et des valeurs du territoire qu'il représente, a annoncé que ses acolytes allaient le trouver « sur le chemin du Québec ». Hormis les dénonciations bloquistes à propos de l'indifférence du gouvernement face aux crises forestière et manufacturière, il serait audacieux de dire que cette organisation politique a maintenu le « momentum » qu'il avait forgé grâce au coup de filet qui lui avait permis de récolter la reconnaissance de la nation québécoise.
Somme toute, ce jeu à somme nulle est un puissant somnifère pour les citoyens du Québec.
Soyons honnêtes, que proposent nos soi-disant leaders? Rien de mirifique. Ce vide ne pressera certainement pas les électeurs aux urnes, surtout lorsque l'issue du scrutin semble apathique et que Stéphanie Dion vocifère que des élections, « ça coûte 300 millions de dollars ». N'a-t-il pas raison, sur ce point? Voulons-nous d'un autre gouvernement minoritaire, cette fois aux couleurs rougeâtres de l'intransigeance?











