En ce mercredi 2 janvier 2008, nous entrons dans notre
Capitale-Nationale. Nous y sommes! Le Parlement étudiant du Québec va bientôt commencer. « Élu » député des Îles-de-la-Madeleine pour le caucus des bleus (pour consulter la liste des députés, voir le premier commentaire du présent billet), j'entrais dans le jeu de la simulation avec le plus grand enthousiasme. Certes, je n'avais pas été à même de m'impliquer dans les phases préparatoires qui ont précédé cette semaine parlementaire, faute de temps. Cependant, j'ai tout de même pu bénéficier, d'emblée, de l'esprit de convivialité, de concertation et de solidarité qui a alimenté la réputation des bleus. La flamme y était.On peut résumer la philosophie des bleus bien simplement. Si un voisin glisse et tombe par terre, certains diront qu'il en est de sa responsabilité de se relever, voire que c'est par sa faute qu'il est tombé. Bons voisins, les bleus préfèrent tendre la main pour l'aider à se relever, afin de s'assurer que notre voisin puisse se mettre à courir.
Cette allégorie en tête, les bleus ont pour objectif le développement du Québec dans toutes ses dimensions.
En arrivant à Québec, nous nous rendons à l'hôtel Delta afin d'envahir le neuvième étage, que nous monopolisons. La War Room, point convergent des rassemblements bleus, francisée en « sale guerre[!] » pour les fleuristes-idéalistes ou en « salle de guerres » pour les plus réalistes, est rapidement mise à notre disposition, la vie de politiciens étant ce qu'elle est! Regroupée dans les chambres en équipe de quatre membres, la députation bleue s'organise et se mobilise. Elle affine ses armes de conviction massive!
Quelques heures plus tard, en apposant successivement notre signature dans le livre d'or, nous sommes assermentés par le lieutenant-gouverneur, Pascal Bérubé (actuel député péquiste dans Matane), au Salon rouge. Ancien lieu du Sénat québécois, aboli le 28 novembre 1968, la salle du Conseil législatif nous accueillait pour cette première cérémonie. L'année 1968 officialisait également la nouvelle dénomination de l'Assemblée législative, qui fut rebaptisée « Assemblée nationale du Québec ». Quoiqu'il en soit, en ces moments protocolaires, notre gouvernement est finalement porté au pouvoir! Alexis Gagné-LeBrun, notre chef, revêt alors les fonctions du Premier ministre. Il dévoile ensuite son Cabinet, les ministres défilant l'un après l'autre.
Nous passons subséquemment au Salon bleu, la salle de l'Assemblée nationale, où les travaux parlementaires suivront fidèlement les volets du feuilleton négocié par les différentes parties.
Je m'engageais ainsi, aux côtés de mes quelque 120 collègues, dans les mémoires de cette première session de la 22e législature. Jusqu'à la fin de l'après-midi du 4 janvier, je serai un
député d'arrière-banc attentif, parfois anémique - les heures passées en Chambre sont éprouvantes[!] - mais toujours prêt pour applaudir la pertinence des déclarations ministérielles et des répliques des ministres bleus lors de la période des questions et réponses orales. Je me prononcerai personnellement en faveur de notre livre blanc qui exposait les grandes lignes de nos futures politiques gouvernementales en matière de lutte à l'homophobie (pour lire ce discours d'appui, voir le deuxième commentaire du présent billet). Du 4 au 6 janvier, nous nous retrouvons à l'opposition. Je critiquerai le discours d'ouverture du Premier ministre (pour lire cette critique, voir le troisième commentaire du présent billet). En cette fin de parcours, ce sera, sans l'ombre d'un doute, l'allocution de notre compère, le député de Groulx, qui surprendra le gouvernement et qui fera le bonheur de tous les parlementaires. Appelé à critiquer la déclaration ministérielle du ministre des Affaires intergouvernementales qui affirmait que les rouges souhaitaient rapatrier les terres du Labrador dans le giron québécois, notre député y alla d'un puissant appui péremptoire (pour lire ce texte mémorable, voir le quatrième commentaire du présent billet)! Le véritable Premier ministre du Québec, Jean Charest, vint partager sa joie de la politique québécoise. En dehors d'une quelconque partisanerie, je me dois de saluer cet invité de marque qui nous félicita, au cours d'un discours probant, de notre engagement citoyen. Lors de la cérémonie de clôture, émouvante à bien des égards, nos projets de loi reçurent la sanction royale.Nous nous levions vers 6h, déjeunions, assistions à notre traditionnelle réunion dans la salle Louis-Joseph-Papineau, clamions nos exubérants cris de ralliement, entamions les travaux à 8h30, dinions à 12h30, retournions au Salon bleu à 14h et terminions les échanges en Chambre vers 18h. À l'hôtel, après le souper, nous nous penchions sur nos nombreux discours « du lendemain » et nous participions aux commissions parlementaires jusqu'aux petites heures du matin. Dans les temps morts - y en avaient-ils? - nous lisions les quotidiens du Parlement étudiant, La Jungle et La Galerie, et levions nos verres à la Révolution bleue!
Nul besoin de préciser que je n'oublierai pas mon expérience. Ces nuits passées devant nos ordinateurs, ces discussions passionnées et fécondes en retombées, ces soupers gastronomiques composés de pizzas[!], ces interactions musclées et amicales avec nos camarades rouges, cette envie alignée sur le bien commun et cette formidable concentration des jeunes talents, tous ces souvenirs de la simulation m'ont offert des vacances hivernales politiquement déjantées!











