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mercredi 10 décembre 2008

Élections provinciales : Victoire des libéraux, forte percée des indépendantistes

Un article du quotidien Le Monde


Le premier ministre libéral québécois, Jean Charest, a été reconduit au pouvoir, parvenant à obtenir une courte majorité lors des élections législatives du lundi 8 décembre au Québec, également marquées par une spectaculaire remontée des indépendantistes du Parti québécois (PQ). En retrouvant une majorité qu'il avait perdue lors du scrutin de mars 2007, M. Charest, 50 ans, a remporté son pari, mais de justesse. Il avait provoqué ce scrutin anticipé en affirmant avoir besoin d'un "mandat fort" pour faire face à la "tempête" provoquée par la crise économique mondiale.

La victoire de M. Charest, qui dirigeait un gouvernement minoritaire depuis 2007, fait de lui le premier chef de gouvernement à remporter au moins trois élections de suite dans la province francophone depuis un demi-siècle. Selon des résultats quasi définitifs, les libéraux ont emporté 66 des 125 sièges de l'Assemblée québécoise (42 % des voix), contre 48 députés dans l'Assemblée sortante.

51 députés indépendantistes

Un des faits marquants de ces élections réside dans le score inattendu du Parti québécois, son meilleur depuis une décennie. Alors que les sondages pronostiquaient une victoire écrasante des libéraux et un score de 30 % pour le Parti québécois, la formation indépendantiste a confondu les sceptiques en obtenant plus de 35 % des suffrages. Le PQ aura 51 députés dans la nouvelle Assemblée, soit la plus forte députation pour un parti d'opposition à l'Assemblée nationale depuis les années 60. Le parti indépendantiste a bénéficié de la grave crise politique au gouvernement fédéral à Ottawa, qui a ravivé de vieilles querelles entre francophones et anglophones au Canada.

Le Parti québécois avait été relégué en troisième position lors des législatives de 2007 avec un maigre 28 % et une récolte de 36 députés, sa deuxième pire performance depuis sa fondation il y a quarante ans. Cette défaite avait provoqué une onde de choc chez les indépendantistes, forcé à la démission leur chef André Boisclair et remis en cause leur objectif cardinal : l'organisation d'un troisième référendum sur l'indépendance du Québec, après leurs défaites en 1980 et 1995, la seconde fois par une faible marge.