«Nous ne voulons pas être une province pas comme les autres, nous voulons être un pays comme les autres.» - Pierre Bourgault
« […] ce que le peuple n’a pu gagner un jour, il n’y renonce jamais et finit toujours par l’obtenir. » - Louis-Joseph Papineau

mercredi 19 septembre 2007

Conférence de Ségolène Royal à l'Université de Montréal

En visite au Québec depuis quelques jours, Ségolène Royal était de passage à l’Université de Montréal ce midi pour y aborder des thèmes aussi variés que les relations internationales, la francophonie et sa conception du Québec. Conviée par Jean-François Lisée, directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM), Madame Royal a été acclamée par la foule amassée dans l’amphithéâtre Jean-Lesage. Pour ne pas alourdir le texte, je résumerai uniquement les moments qui m'ont paru particulièrement intéressants.

Au premier abord, le discours de l'oratrice se développa autour de l'affection que cette dernière accorde à « ceux qui ont tenu bon pendant près de quatre siècles ». Mentionnant initialement que son voyage au Québec émanait surtout d’une admiration envers le courage et l’esprit bâtisseur de la société moderne québécoise, la candidate socialiste aux élections présidentielles françaises de 2007 a tenu à saluer son amie Louise Beaudoin, ancienne ministre péquiste, lors de son allocution de remerciements.

La politicienne française a ensuite annoncé sa volonté de renouveler le vivre-ensemble entre les deux nations francophones. Présidente de la région Poitou-Charentes, territoire natal du fondateur de la ville de Québec, Samuel de Champlain, Madame Royal a illustré son désir de renforcer les relations franco-québécoises en réitérant sa présence aux célébrations du 400e anniversaire de la Capitale-Nationale en 2008 et du Sommet de la Francophonie qui aura lieu dans ce berceau de la civilisation française en Amérique.

La Francophonie, un modèle international
Avançant qu’il y aura 300 millions de francophones sur la Terre en 2050, Ségolène Royal a soutenu que « la francophonie [pouvait] devenir le modèle d'un nouvel équilibre mondial. » Une commune défense de la langue combinée au respect de la diversité linguistique devrait, selon la socialiste, freiner l’unilinguisme anglophone qui assimile les dialectes sous l’impulsion du marchandage de produits standardisés. « La langue, dit-elle, est ce qui construit la pensée, c’est une manière d'être ». De ce point de vue, nous avons besoin de repères qui, eux, engendreraient un respect mutuel entre des acteurs plus confiants.

Pour un Erasmus francophone
L’une des propositions les plus inspirantes de la conférence s’est apparentée à la création d’une université francophone dans les éminentes villes de la francophonie. Des programmes d’échange facilité entre les grandes écoles, inspirés du modèle Erasmus, décupleraient les liens étroits entre les pays membres de l’organisation interétatique. Madame Royal rappela que « la francophonie, pour Gilles Vigneault, c'est un vaste pays intérieur ».

lundi 17 septembre 2007

Élections partielles : Mulcair rafle un château fort!

Circonscription d'Outremont
  1. 47,5% - Thomas Mulcair (NPD) Élu
  2. 29,0% - Jocelyn Coulon (PLC)
  3. 10,9% - Jean- Paul Gilson (BQ)
  4. 08,6% - Gilles Duguay (PCC)
Les libéraux perdent un siège qui était détenu depuis 1935 dans Outremont, à l'exception d'une percée conservatrice en 1988, au dépend des néodémocrates. La gifle est monumentale pour le chef du PLC, Stéphane Dion, puisqu'il avait préféré Monsieur Coulon à Justin Trudeau lors de l'investiture du candidat libéral. Le NPD, qui avait gagné dans Chambly en 1990, fait élire sont deuxième député au Québec. De nombreux partisans bloquistes, par affinités idéologiques, auraient visiblement accordé leur appui à la personnalité publique qu'est Thomas Mulcair.


Circonscription de Roberval-Lac-Saint-Jean
  1. 59,4% - Denis Lebel (PCC) Élu
  2. 27,0% - Céline Houde (BQ)
  3. 09,6% - Louise Boulanger (PLC)
  4. 02,3% - Éric Dubois (NPD)
Les conservateurs l'emportent avec une forte majorité sur le Bloc québécois. Cette victoire impressionnante s'apparente à la vague de la droite adéquiste, qui avait fait des gains dans la même région lors des dernières élections provinciales. La popularité de Denis Lebel, maire de Roberval, explique aussi la portée de ce gain. Il est à noter que les libéraux ont été boudés par l'électorat.


Circonscription de Saint-Hyacinthe-Bagot
  1. 42,1% - Ève-Mary Thaï Thi Lac (BQ) Élue
  2. 37,5% - Bernard Barré (PCC)
  3. 07,9% - Brigitte Sansoucy (NPD)
  4. 07,4% - Jean Caumartin (PLC)
Les bloquistes préservent leur place au Parlement dans Saint-Hyacinthe-Bagot, malgré une remontée des conservateurs. Les libéraux, chutant en quatrième position, se font très discrets.

vendredi 14 septembre 2007

Un hymne national dans un cadre provincial?

Décidément, la course au nationalisme, telle que prédite dans l'un de mes récents billets, prend du galon! Après les propositions de constitution québécoise péquiste - puis adéquiste (!) - et la réapparition du « Nous » inclusif dans les discours du Parti québécois, voilà qu'un ancien député libéral, le Trifluvien André Gabias, se jette dans la mêlée en dépoussiérant l'idée d'un hymne national. Désirant regagner le cœur des francophones, le PLQ ne cache pas son souhait de tisser des liens entre sa position résolument fédéraliste et son éventuelle stature de défenseur du peuple québécois.

Loin de vouloir conspuer l'initiative purement personnelle de Monsieur Gabias, j'ai plutôt l'intention d'appuyer chacune des revendications qui pourrait renforcer le sentiment d'appartenance de tous les Québécois. Certes, l'hymne en question n'a rien de mirobolant, mais le geste qui a été posé se devait d'être salué. « L'amour sacré de la patrie ne trouve pas une matière suffisante dans un patriotisme constitutionnel [canadien] strictement universaliste, non plus qu'en une simple communions aux idéaux démocratiques [québécois] » (Louis Pauwels 2007).

Le caractère distinct de la société,
l'interculturalisme, l'officialisation palpable du français et le constat d'une dualité biculturelle canadienne doivent prévaloir dans nos rangs. À l'opposé, l'égalité absolue entre des provinces dissemblables, la primauté inviolable de la Charte des droits, le multiculturalisme et la prédominance du gouvernement fédéral ne représentent pas notre vision d'un État canadien réformé. Le rapatriement de la constitution sans notre consentement (1982), les échecs de Meech (1987-1990) et de Charlottetown (1992) pour que nous adhérions à la fédération, le statu quo de Jean Chrétien (1993-1995), la requête libérale d'un jugement auprès de la Cour suprême sur la légalité d'une déclaration d'indépendance pour contrer un éventuel référendum (1996), le fédéralisme « de tutelle » lié à l'union sociale avortée (1997), le projet de loi C-20 sur la clarté référendaire (1999) et le scandale des commandites lorgnant une visibilité unioniste canadienne (1996-2005) nous illustrent que le Canada, bien qu'il ait tenté de négocier impartialement au milieu des années 1980, a plutôt décidé d'employer des méthodes coercitives pour manipuler notre démarche nationale. Par ailleurs, même si le Premier ministre conservateur semble jouer la carte du fédéralisme d'ouverture en toute franchise, il n'en demeure pas moins que son agenda idéologique n'est pas conforme avec celui des Québécois. En votant contre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones hier, manœuvre que Gil Courtemanche qualifie de « trahison » (Le Devoir 2007), Stephen Harper laisse entrevoir qu'il n'est pas ouvert à toutes les nations.

En ce sens, étant las des querelles vindicatives, je me tourne vers les fronts communs.
Appuyons le Québec!

dimanche 9 septembre 2007

Gala des Gémeaux 2007 : Lévesque revient nous parler d'indépendance!

Dimanche, 22h35. Emmanuel Bilodeau monte sur la scène pour récolter le prix du premier rôle masculin dans une série dramatique. Arborant une chevelure poivre et sel qui nous ramenait en 1976, l'acteur qui personnifia l'un des plus illustres hommes d'État québécois, dans le cadre de la mini-série René, et qui revêtira les habits du politicien pour une seconde saison télévisée, s'est distingué des lauréats de la soirée en se permettant un court discours engagé empli d'émotion.

Je trouve que les artistes, on ne parle pas assez de politique. L'indépendance politique, c'est un rêve. On est arrivé à maturité. Le gouvernement canadien nous a déjà reconnu comme une nation, mais on doit se reconnaître comme une nation. On doit se donner le pouvoir politique. [...] Vive le Québec libre!

Il m'importait de souligner ce moment politisé en félicitant les talents du comédien. Que l'Académie ait reconnu la justesse des performances de l'acteur m'a réjoui ; ayant incarné brillament l'ancien Premier ministre, Emmanuel Bilodeau méritait le trophée. Ceux et celles qui désirent consulter la liste de tous les récipiendaires peuvent le faire en accédant au site officiel. Gilles Latulippe, qui a reçu un vibrant hommage pour l'ensemble de sa carrière, est également digne de mention.