«Nous ne voulons pas être une province pas comme les autres, nous voulons être un pays comme les autres.» - Pierre Bourgault
« […] ce que le peuple n’a pu gagner un jour, il n’y renonce jamais et finit toujours par l’obtenir. » - Louis-Joseph Papineau

jeudi 28 juin 2007

Le Parti québécois de Pauline Marois

Le 26 juin dernier, Richard Martineau publiait un billet sur son blogue :
Le "Nouveau PQ" va-t-il couper l'herbe sous les pieds de Mario Dumont? Ou va-t-il simplement devenir un clone de l'ADQ, une version 2,0 (plus performante, plus expérimentée)?

Un parti plus performant et plus expérimenté pourrait donc substituer aux idéaux qui avaient rendu la jeune organisation adéquiste, pourtant résolument désorganisée et inconsistante, plus alléchante que le vieux modèle « pratiquement » inchangé... Pauline Marois, aujourd'hui cheffe du Parti québécois, pose ses conditions pour redresser « son » parti.

L'engouement à l'égard de la souveraineté - il serait faux de le nier - ne soulève plus les passions, même si la base militante demeure encore assez fidèle. Ce désir s'est perdu dans les méandres des questions pointilleuses, stratégiques, futiles et éphémères encourues par l'éventuel troisième référendum.

En recentrant le message péquiste sur des objectifs d'affirmation nationale à court terme, l'âme réelle et favorable du projet indépendantiste redeviendra tangible et influente.

Dès lors, il importera de ne pas perdre de vue, à travers les gestes de rupture, notre but ultime : la souveraineté. Pour éviter la confusion, étudions les avenues que notre peuple pourrait approuver. Je définirai les formes d'expression de l'autonomie - un concept fort populaire, mais encore très vague - qui s'appliquent aux individus et aux collectivités, pour tracer le portrait en trois chemins hiérarchisés.

Définition générale : Capacité d'un groupe à décider seul et à exécuter consciemment des devoirs pour répondre aux besoins de ses semblables.


1. Autonomie déléguée (état initial prôné par le Parti libéral)
S'exprime en confiant librement à autrui les actions et les décisions
Une nation voisine (Canada), qui reconnait maintenant
explicitement l'existence de l'autre (Québec), se charge actuellement des compétences « complexes » de sa protégée, qui n'aurait apparemment pas les aptitudes requises pour les accomplir. Or, même le Premier ministre Jean Charest, ardent fédéraliste, soutient que nous avons tous les moyens pour nous émanciper. Pourquoi, me demanderez-vous, un peuple désire-t-il alors demeurer dépendant ? Parce qu'il doute, parce qu'il n'a pas confiance en lui, parce qu'il est partagé sur la question et parce qu'il est inquiet pour son avenir, la classe politique n'ayant pas présenté de planification, d'agenda et de projections, le Québec hésite et recule.

Qui plus est, pour parler d'autonomie déléguée, le principal concerné doit avoir choisi « librement » l'entremetteur qui réalisera les tâches pour lui. Cet élément invalide fermement la situation actuelle du Québec, qui est à l'intérieur du Canada contre son gré. Le rapatriement légal mais inconstitutionnel de la constitution et les échecs répétés des négociations pancanadiennes en font foi. Rappelons également que le Canada a lui-même maintenu la délégation de son indépendance en acceptant de préserver les fonctions des représentants britanniques sur son territoire.

2. Autonomie assistée (processus de maturation proposé ambigument par l'ADQ)
S'exprime à l'aide de dispositifs et d'aménagements du milieu destinés à augmenter, élargir, réguler ou répartir l'effort
Le Parti québécois entend vraisemblablement passer par ce chemin, sans y rester définitivement, pour mener le Québec au pays. Nous pouvons qualifier
cette forme d'autonomie de « transitoire » puisqu'elle s'apparente à une prise en charge progressive tout en restant incomplète. L'Action démocratique du Québec, sans expliquer sa position, semble vouloir opter pour ce mode autonomiste.

3. Autonomie directe (finalité prônée par le Parti québécois)
S'exprime sans intermédiaire
Le plein développement, que toutes les sociétés distinctes souhaitent atteindre, comprend le recours à l'ensemble des habiletés, sans sujétion, pour s'épanouir.


Pendant de nombreuses années, depuis 1995, principalement, le PQ s'est enfermé dans un mécanisme organisationnel qui l'empêchait de souscrire aux solutions affirmationnistes durant un mandat au pouvoir. L'épine référendaire retardait alors toutes les initiatives qui pouvaient accroitre le caractère spécifique du Québec.

Pauline Marois ne met donc pas la souveraineté en veilleuse. Pauline vient tout simplement de faciliter la démarche sécessionniste en neutralisant le mot « référendum » dans le programme péquiste pour en greffer de nouveaux. Le Québec pourra agir et se doter de pouvoirs supplémentaires avant même de passer par une consultation populaire.

samedi 23 juin 2007

La nation québécoise fête sa place dans le monde!

Bonne Fête nationale à tous!

En cette occasion de fierté identitaire, rappelons-nous que l'une de nos plus grandes forces communes est d'aimer ce que nous sommes, nous, peuple du Québec.


E
xpo67BombardierLouiseArbour
AlcanCirquedusoleilSNC-Lavalin
Hydro-QuébecRobertLepage
FrederickBachDenysArcand

Liguenationaled'improvisation
Simpleplan
Dr.RéjeanThomas
UbisoftLassondeCélineDion
JeuxOlypiquesde1976GillesVilleneuve
Déclarationuniversellesurladiversitéculturelle
LaLaLaHumanStepsLouisGarneauSports

mardi 12 juin 2007

Repenser, prévoir et refléter

La société québécoise a jugé qu'il était important de recentrer les aspirations du gouvernement en éparpillant son vote ici et là le 26 mars dernier. C'est donc dire qu'elle ne sait pas encore exactement vers quelle tendance se tourner. Nous aurons, vraisemblablement, un an pour préparer la relève politique. Elle aura l'obligation d'offrir un plan neuf et vivifiant. Ce plan devra faire taire les solutions populistes et rétrogrades qui ont réussi à séduire.

Je tends une perche à ceux qui aimeraient contribuer au renouveau qui a été annoncé. Que vos idées soient à l'état embryonnaire ou qu'elles soient consistantes et posées, je vous invite à les diffuser massivement pour les inclure dans notre avenir.

J'ouvre maintenant mon sac pour y puiser des sujets qui marqueront notre futur national. J'y présente également des conclusions accompagnées de prémisses de remède. Il est important de souligner que je n'approuve pas nécessairement tous les éléments qui suivent. Ils serviront mes élucubrations, tout simplement.


Repenser la social-démocratie
La marge de manoeuvre du Québec est de plus en plus atrophiée par la croissance des dépenses en santé, ces dernières représentant, avec les services sociaux, 39% du dernier budget provincial. L'éducation (22%) et le service de la dette (12%) prennent aussi une place importante, le premier secteur étant tout à fait légitime, à l'opposé du second, qui est indésirable. D'autres domaines, comme les transports (3%), ne disposent que d'une infime part du gâteau budgétaire.
  1. Le système universel de santé publique est faillible
    • Il importe d'accroître les pouvoirs de certains professionnels pour limiter la pénurie (responsabilités, quotas d'interventions des médecins, etc.).
    • Le système de santé à deux vitesses, même s'il semble injuste pour les plus défavorisés, est une option qui pourrait désengorger les hôpitaux publics, relancer leur modernisation, amortir les coûts de fonctionnement et améliorer l'accès aux soins gratuits (dans ce contexte, des seuils minimums d'heures de travail en milieux publics seraient imposés).
  2. La dette gruge les recettes miracles à court terme
    • Une chasse au gaspillage dans tous les types d'administration devra être enclenchée.
    • La réduction des dépenses de Québec devra s'effectuer au profit des champs essentiels (accès pour tous aux soins et au savoir, revenu minimum, vigueur de la langue française et de la culture, logement social, transports en commun, sécurité et ordre public).
    • Les coffres du Fonds des générations, en plus des droits hydrauliques et des bénéfices d'Hydro-Québec, devrait se garnir par les redevances sur l'eau et par tous les excès et/ou fraudes dévoilés au grand jour, puis remboursés.
      Par exemple, les dépenses non justifiées du Lieutenant-gouverneur et des élus devront être défrayées par le ou les coupables.
  3. Les dépenses croissent à un rythme effréné
    • Les subventions accordées aux établissements dépassés ou non conformes aux valeurs sociétales devront être réduites.
      Par exemple, les écoles privées devraient perdre progressivement leur financement gouvernemental puisqu'elles favorisent la discrimination et l'élitisme par la sélection.
    • Le désengagement nécessaire pour éviter l'étranglement financier et pour mieux soutenir les priorités gouvernementales devra être contenu et ne pourra en aucun cas miner les services vitaux.
    • Les ONG, les associations relationnelles et les organismes de coopération devraient être favorisés fiscalement et financièrement pour soulager quelques responsabilités onéreuses de l'État.
  4. Les modes de transport et le développement urbain et rural ont été négligés
    • Le marché devra être chapeauté par de grands réseaux de communication et de déplacements collectifs (voies de contournements des métropoles, ports, aéroport, trains de banlieue, métro, tramways).
    • Les grands chantiers pourraient relancer une partie des secteurs névralgiques.
  5. La partialité et les volontés cachées du gouvernement se multiplient
    • La transparence et la justice devront revenir à l'avant-plan, notamment en adoptant des positions laïques, pacifiques, humanistes et conciliatrices.
    • La valorisation du gratuit en santé, en éducation et dans les transports collectifs devra être maintenue comme orientation idéale.
    • Les piliers du progrès devront s'articuler autour de la créativité, de l'équité, du travail, de la mobilité et de la loyauté.

Prévoir le vieillissement de la population et la dégradation de l'environnement

  1. Le financement des retraites est menacé
    • La combinaison de mesures correctives (augmentation de l'immigration, hausse de l'âge de la retraite, moratoire sur les baisses d'impôts, multiplication des taxes sur les produits de luxe) minimisera l'ampleur des conséquences.
    • L'allègement financier alloué aux jeunes familles et la bonification des congés parentaux pourraient provoquer un boom de la natalité.
    • Il faudra possiblement réduire les barrières à l'entrée de nombreuses professions pour contrer le déséquilibre entre les chômeurs, les travailleurs et les retraités.
  2. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent trop peu rapidement
    • Les cibles du protocole de Kyoto, déjà désuètes, devront être respectées sans conditions ; pour ce faire, des restrictions sévères doivent immédiatement entrer en vigueur (normes élevées pour encadrer ou interdire la vente de véhicules polluants, obligation de justifier l'achat de voiture encombrante, évaluation de la consommation d'énergie et des pratiques des entreprises émettant le plus de GES, amendes salées délivrées aux contrevenants servant à financer le Fond vert, décret amenant les compagnies à déposer un comte-rendu annuel de leurs stratégies de réduction des GES, etc.).
  3. Le développement énergétique ralentit et la consommation énergivore explose
    • Les programmes d'efficacité énergique devraient devenir prioritaires.
      Par exemple, l'implantation de panneaux solaires sur les habitations permet actuellement de fournir 90% de l'énergie nécessaire au chauffage domestique.
    • Les surplus énergétiques découlant de l'essor de l'éolien dans le nord québécois pourraient être vendus à l'étranger pour financer nos institutions.
    • La production autosuffisante d'électricité dans les résidences, à l'aide de capteurs solaires ou de petites éoliennes, freinerait l'éclosion de projets de centrales hydroélectriques sur des cours d'eau controversés.

Refléter l'importance des nouvelles technologies dans nos décisions
  1. Les outils émergents qui facilitent la démocratie participative sont sous-utilisés
    • La population pourrait contribuer à l'avancement des dossiers en déposant des projets ou des ébauches sur un site gouvernemental officiel et/ou dans les casiers postaux de chacun des bureaux des ministères ; les pistes les plus crédibles ou les plus novatrices seraient ensuite étudiées par les élus.
    • Les gouvernements nationaux pourraient offrir leurs projets de loi en les publiant sur un site de partage supranational, lui-même divisé par thèmes ; l'innovation serait alors diffusée au nom du bien commun.
    • Projection : Des consultations populaires pourraient être organisées à travers les objets nomades (ordinateurs portatifs, cellulaires, guichets dans les lieux stratégiques) et/ou résidentiels (téléphones, ordinateurs).
  2. La mondialisation morcelle l'épanouissement des vieilles entreprises, privilégie les oligopoles/monopoles et affaiblit les industries en forte régression
    • Promouvoir la recherche universitaire et industrielle centrée sur les sujets d'avenir et les secteurs de pointe (nouveaux matériaux, véhicules hybrides, nouveaux carburants, énergies renouvelables, technologies écologiques, nanotechnologies, jeux vidéo, infrastructures numériques, aéronautique, etc.).