Complétant ma dernière année au baccalauréat ès sciences - spécialisation enseignement primaire, j'ai voulu tirer quelques leçons de ma formation afin de les réinvestir dans une réflexion sociopolitique. Ce billet lève le voile sur ma perception de la place que devrait occuper la culture dans le système éducatif québécois ainsi que les raisons pour lesquelles je crois en cette formule. Je me penche également sur l'implantation du programme d'éthique et de culture religieuse qui aura lieu en 2008 et qui survolera les principales religions du monde.
1. Un ensemble de valeurs auquel l’enfant se réfère
La culture, au sens large, définit une bonne partie de l’identité d’un individu. Elle représente bien souvent l’essentiel des idéaux que les parents d’un enfant veulent lui transmettre. À cet égard, il est apparemment nécessaire de véhiculer les valeurs de la nation dans ses institutions publiques. Au Québec, le publicitaire Jacques Bouchard écrivait en 2006, dans son essai Les nouvelles cordes sensibles des Québécois, que l’amour de la nature, la fidélité au patrimoine, la tolérance et la solidarité continentale étaient des leitmotivs qui rassemblaient la population. Pour sa part, le sociologue Gérard Bouchard, lors d’une récente conférence à l’Université de Montréal, affirmait que l’interculturalisme, le pluralisme, le développement durable, l’écologisme, l’éthique publique, la société civique et l’excellence guidaient maintenant les pas des jeunes adultes au Québec. Devant ces constats, l’enseignant pourra certainement exploiter des avenues qui illustreront les valeurs québécoises tels le droit à l’égalité et l’exaltation du pacifisme, notamment.
2. Une fierté liée aux réalisations de nos ancêtres
L’enfant pourra s’identifier à son milieu s’il est amené à partager des valeurs communes avec lui. L’élève sera également à même d’apprécier davantage ses conditions de vie s’il est invité à porter un regard sur les legs des générations antérieures. Sans contact avec son passé, une population dispose elle aussi d’un handicap important. L’éducation à l’héritage culturel et religieux permet l’accès à l’histoire, à la politique, à l’art et à toutes les sphères de la vie, tant manuelles qu’intellectuelles. Même si le programme en univers social se charge de l’objectif historique, l’initiation à l’héritage culturel et religieux des élèves devient un nouveau levier qui peut empêcher de répéter les mêmes erreurs de nos prédécesseurs, de mettre à profit leurs prouesses et de freiner la généralisation de l’éclatement du sentiment d’appartenance qui découle de l’individualisme.
3. Des repères culturels menant à la sélection de nos comportements et de nos intérêts
Dans le même sens d’idées, se familiariser avec la culture ambiante et avec les préceptes des grandes religions environnantes pousse l’élève à estimer sciemment ce qu’il côtoie. Ainsi, le jeune citoyen distinguera les différents types d’architecture, s’intéressera à la langue française et aura envie de vivre au sein de sa communauté et de la promouvoir, en visionnant des films du cinéma québécois, en assistant à des spectacles de la scène artistique ou en choisissant librement sa voie spirituelle en ayant conscience de la prépondérance de quelques mouvements religieux sur le territoire national où il réside. À ce propos, « la présence des religions au Québec est […] une évidence : les traditions chrétiennes, catholiques et protestantes, le judaïsme et les spiritualités amérindiennes ont depuis longtemps fait leur marque et influencé la culture québécoise . » L’enfant, à l’affût des caractéristiques de sa société en constante évolution, développera une connaissance de soi à travers ce cheminement. Les repères culturels qu’il « reconnaîtra » le guideront dans ses agissements et dans ses attitudes, dans des situations particulières durant lesquelles il fera appel aux comportements socialement acceptables.
4. Une sécurité identitaire facilitant l’ouverture sur le monde
Comprendre ce qui nous entoure nous rend apte à saisir l’incidence de nos origines. L’attachement à une culture renforce alors la capacité à considérer les « autres », différents de soi. Par conséquent, l’élève qui a construit sa personnalité à partir de la culture de sa société d’accueil et qui a retenu plusieurs valeurs partagées par les habitants devrait s’éloigner de la xénophobie, ce dernier n’était pas affolé par une quelconque incompréhension envers ses voisins. Accorder une importance aux religions dominantes sur un territoire donné facilite aussi l’acceptation des différences et incite les jeunes à communiquer avec leurs semblables, même s’ils ne partagent pas tous les mêmes appartenances religieuses, par exemple. Cette culture de proximité rassure l’enfant et ne le rend pas vulnérable face à la grande mosaïque culturelle qu’il peinerait à décoder sans sa propre identité sociétale.
5. Un outil de réflexion sur nos rôles et nos devoirs au sein de la société
Qui plus est, l’essor d’un sens critique devrait émerger avec un parcours qui accorde une place à l’héritage culturel et religieux. L’élaboration de projets collectifs, fomentés grâce à des buts communs, recevra davantage d’appuis si une parcelle d’unité se maintient à certains égards. L’idée d’aborder le patrimoine culturel et religieux à l’école aura pour effet de renchérir la compétence transversale d’ordre personnel et social Structurer son identité. Le survol des droits acquis, des impératifs sociaux – les devoirs des citoyens seront d’ailleurs rassemblés dans une charte qui est rédigée en ce moment par les Nations unies et qui sera déposée en 2012 – et des responsabilités de chacun d’entre nous, autour des réalités culturelles et religieuses d’une nation, encouragera les élèves à sélectionner ce qu’ils considèrent comme juste en s’appuyant sur leurs apprentissages. Cette vision élargie de la société engendrera peut-être un intérêt grandissant envers des emplois que les enfants n’avaient pas encore considérés.
Quelles attitudes, quel comportement et quelles actions dois-je privilégier ?
L’enseignant, à mon avis, doit se présenter en tant que passeur culturel et doit, par conséquent, faire la promotion de la culture de la société pour laquelle il travaille. Pour ce qui est de l’aspect religieux, je crois que l’enseignant doit tracer un portrait des réalités spirituelles qui colorent la plupart des citoyens du pays. Bien que je sois tenté par la déconfessionnalisation intégrale des établissements publics d’enseignement primaire, je suis conscient que la religion et la spiritualité peuvent être bénéfiques et permettent même un épanouissement. Puisque les parents veulent diriger leurs enfants vers des apprentissages conformes à leur culture tout en maintenant une ouverture d’esprit, je soutiens le projet de cours qui survolerait les grandes religions de la Terre. De cette façon, la compréhension interculturelle sera privilégiée. Compte tenu de ce qui précède, la diversité culturelle a elle aussi une place de choix dans mon rôle de futur professionnel. L'interculturalisme caractérise d’ailleurs déjà la société québécoise depuis un certain temps, principalement dans les métropoles. La poursuite du bien commun et la reconnaissance de l’autre, qui forment les objectifs du programme d’éthique et de culture religieuse, pourront être véhiculées dans les récits lus aux jeunes du préscolaire, par exemple, et mis de l’avant dans des saynètes en art dramatique au primaire, entre autres.
Quels sont les empêchements extérieurs à moi ?
Évidemment, nous ne pouvons pas contrôler tous les paramètres qui nous entourent. L’intolérance du milieu de l’élève et l’ignorance entérinée par des propos populistes peuvent parfois compliquer la tâche de l’enseignant. L’exemple des accommodements raisonnables est assez symptomatique. Pour cause, les habitants des régions, qui ne côtoient pas les résidants des communautés religieuses et culturelles, se sont soulevés contre des concessions qu’ils estimaient déraisonnables. Pourtant, il est difficile de comprendre de quelle façon ces derniers s’y se sont pris pour juger les demandes des citoyens d’allégeances religieuses, ces derniers étant infiniment marginaux, voire absents, dans les banlieues du Québec. Le phénomène Hérouxville , fortement diffusé, m’amène à penser que des biais médiatiques peuvent aussi entrer en ligne de compte. Comme le disait si bien l’Imam de la mosquée que j'ai visitée récemment, même les journalistes peuvent parfois confondre les discours d’une religion avec les pratiques qui ont cours dans certains pays. Nous devrons donc peser nos mots dans notre classe avant de confirmer ou d’infirmer certaines informations à propos d’un mode de pensée religieux donné. Parallèlement à ces réalités, les croyances des parents peuvent aussi interférer nos interventions. Faire preuve de la plus grande neutralité sera assurément la clé du succès de l’enseignement de l’héritage culturel et religieux dans le milieu scolaire.
Conclusion
Je tiens à mentionner que cet exercice réflexif a été réalisé avec enthousiasme puisque le questionnement que j’ai retenu a aiguisé mon analyse de la place qu’occupe la culture actuellement dans les écoles du Québec.
En tout état de cause, je prends position en faveur de l’enracinement des enfants dans leur héritage culturel et religieux. Loin de vouloir endoctriner les élèves en prônant une quelconque idéologie, une formation de qualité se doit de transmettre ce qui constitue les assises de la société qui héberge les élèves. La culture offre des valeurs consistantes, apporte une fierté nationale, lève le voile sur des points de repère collectifs, structure l’identité individuelle et stimule le sens critique puisqu’elle développe un sentiment de sécurité, fondamental dans la pyramide des besoins du psychologue Abraham Maslow, et un désir de se renseigner et de se réaliser.
1. Un ensemble de valeurs auquel l’enfant se réfère
La culture, au sens large, définit une bonne partie de l’identité d’un individu. Elle représente bien souvent l’essentiel des idéaux que les parents d’un enfant veulent lui transmettre. À cet égard, il est apparemment nécessaire de véhiculer les valeurs de la nation dans ses institutions publiques. Au Québec, le publicitaire Jacques Bouchard écrivait en 2006, dans son essai Les nouvelles cordes sensibles des Québécois, que l’amour de la nature, la fidélité au patrimoine, la tolérance et la solidarité continentale étaient des leitmotivs qui rassemblaient la population. Pour sa part, le sociologue Gérard Bouchard, lors d’une récente conférence à l’Université de Montréal, affirmait que l’interculturalisme, le pluralisme, le développement durable, l’écologisme, l’éthique publique, la société civique et l’excellence guidaient maintenant les pas des jeunes adultes au Québec. Devant ces constats, l’enseignant pourra certainement exploiter des avenues qui illustreront les valeurs québécoises tels le droit à l’égalité et l’exaltation du pacifisme, notamment.
2. Une fierté liée aux réalisations de nos ancêtres
L’enfant pourra s’identifier à son milieu s’il est amené à partager des valeurs communes avec lui. L’élève sera également à même d’apprécier davantage ses conditions de vie s’il est invité à porter un regard sur les legs des générations antérieures. Sans contact avec son passé, une population dispose elle aussi d’un handicap important. L’éducation à l’héritage culturel et religieux permet l’accès à l’histoire, à la politique, à l’art et à toutes les sphères de la vie, tant manuelles qu’intellectuelles. Même si le programme en univers social se charge de l’objectif historique, l’initiation à l’héritage culturel et religieux des élèves devient un nouveau levier qui peut empêcher de répéter les mêmes erreurs de nos prédécesseurs, de mettre à profit leurs prouesses et de freiner la généralisation de l’éclatement du sentiment d’appartenance qui découle de l’individualisme.
3. Des repères culturels menant à la sélection de nos comportements et de nos intérêts
Dans le même sens d’idées, se familiariser avec la culture ambiante et avec les préceptes des grandes religions environnantes pousse l’élève à estimer sciemment ce qu’il côtoie. Ainsi, le jeune citoyen distinguera les différents types d’architecture, s’intéressera à la langue française et aura envie de vivre au sein de sa communauté et de la promouvoir, en visionnant des films du cinéma québécois, en assistant à des spectacles de la scène artistique ou en choisissant librement sa voie spirituelle en ayant conscience de la prépondérance de quelques mouvements religieux sur le territoire national où il réside. À ce propos, « la présence des religions au Québec est […] une évidence : les traditions chrétiennes, catholiques et protestantes, le judaïsme et les spiritualités amérindiennes ont depuis longtemps fait leur marque et influencé la culture québécoise . » L’enfant, à l’affût des caractéristiques de sa société en constante évolution, développera une connaissance de soi à travers ce cheminement. Les repères culturels qu’il « reconnaîtra » le guideront dans ses agissements et dans ses attitudes, dans des situations particulières durant lesquelles il fera appel aux comportements socialement acceptables.
4. Une sécurité identitaire facilitant l’ouverture sur le monde
Comprendre ce qui nous entoure nous rend apte à saisir l’incidence de nos origines. L’attachement à une culture renforce alors la capacité à considérer les « autres », différents de soi. Par conséquent, l’élève qui a construit sa personnalité à partir de la culture de sa société d’accueil et qui a retenu plusieurs valeurs partagées par les habitants devrait s’éloigner de la xénophobie, ce dernier n’était pas affolé par une quelconque incompréhension envers ses voisins. Accorder une importance aux religions dominantes sur un territoire donné facilite aussi l’acceptation des différences et incite les jeunes à communiquer avec leurs semblables, même s’ils ne partagent pas tous les mêmes appartenances religieuses, par exemple. Cette culture de proximité rassure l’enfant et ne le rend pas vulnérable face à la grande mosaïque culturelle qu’il peinerait à décoder sans sa propre identité sociétale.
5. Un outil de réflexion sur nos rôles et nos devoirs au sein de la société
Qui plus est, l’essor d’un sens critique devrait émerger avec un parcours qui accorde une place à l’héritage culturel et religieux. L’élaboration de projets collectifs, fomentés grâce à des buts communs, recevra davantage d’appuis si une parcelle d’unité se maintient à certains égards. L’idée d’aborder le patrimoine culturel et religieux à l’école aura pour effet de renchérir la compétence transversale d’ordre personnel et social Structurer son identité. Le survol des droits acquis, des impératifs sociaux – les devoirs des citoyens seront d’ailleurs rassemblés dans une charte qui est rédigée en ce moment par les Nations unies et qui sera déposée en 2012 – et des responsabilités de chacun d’entre nous, autour des réalités culturelles et religieuses d’une nation, encouragera les élèves à sélectionner ce qu’ils considèrent comme juste en s’appuyant sur leurs apprentissages. Cette vision élargie de la société engendrera peut-être un intérêt grandissant envers des emplois que les enfants n’avaient pas encore considérés.
Quelles attitudes, quel comportement et quelles actions dois-je privilégier ?
L’enseignant, à mon avis, doit se présenter en tant que passeur culturel et doit, par conséquent, faire la promotion de la culture de la société pour laquelle il travaille. Pour ce qui est de l’aspect religieux, je crois que l’enseignant doit tracer un portrait des réalités spirituelles qui colorent la plupart des citoyens du pays. Bien que je sois tenté par la déconfessionnalisation intégrale des établissements publics d’enseignement primaire, je suis conscient que la religion et la spiritualité peuvent être bénéfiques et permettent même un épanouissement. Puisque les parents veulent diriger leurs enfants vers des apprentissages conformes à leur culture tout en maintenant une ouverture d’esprit, je soutiens le projet de cours qui survolerait les grandes religions de la Terre. De cette façon, la compréhension interculturelle sera privilégiée. Compte tenu de ce qui précède, la diversité culturelle a elle aussi une place de choix dans mon rôle de futur professionnel. L'interculturalisme caractérise d’ailleurs déjà la société québécoise depuis un certain temps, principalement dans les métropoles. La poursuite du bien commun et la reconnaissance de l’autre, qui forment les objectifs du programme d’éthique et de culture religieuse, pourront être véhiculées dans les récits lus aux jeunes du préscolaire, par exemple, et mis de l’avant dans des saynètes en art dramatique au primaire, entre autres.
Quels sont les empêchements extérieurs à moi ?
Évidemment, nous ne pouvons pas contrôler tous les paramètres qui nous entourent. L’intolérance du milieu de l’élève et l’ignorance entérinée par des propos populistes peuvent parfois compliquer la tâche de l’enseignant. L’exemple des accommodements raisonnables est assez symptomatique. Pour cause, les habitants des régions, qui ne côtoient pas les résidants des communautés religieuses et culturelles, se sont soulevés contre des concessions qu’ils estimaient déraisonnables. Pourtant, il est difficile de comprendre de quelle façon ces derniers s’y se sont pris pour juger les demandes des citoyens d’allégeances religieuses, ces derniers étant infiniment marginaux, voire absents, dans les banlieues du Québec. Le phénomène Hérouxville , fortement diffusé, m’amène à penser que des biais médiatiques peuvent aussi entrer en ligne de compte. Comme le disait si bien l’Imam de la mosquée que j'ai visitée récemment, même les journalistes peuvent parfois confondre les discours d’une religion avec les pratiques qui ont cours dans certains pays. Nous devrons donc peser nos mots dans notre classe avant de confirmer ou d’infirmer certaines informations à propos d’un mode de pensée religieux donné. Parallèlement à ces réalités, les croyances des parents peuvent aussi interférer nos interventions. Faire preuve de la plus grande neutralité sera assurément la clé du succès de l’enseignement de l’héritage culturel et religieux dans le milieu scolaire.
Conclusion
Je tiens à mentionner que cet exercice réflexif a été réalisé avec enthousiasme puisque le questionnement que j’ai retenu a aiguisé mon analyse de la place qu’occupe la culture actuellement dans les écoles du Québec.
En tout état de cause, je prends position en faveur de l’enracinement des enfants dans leur héritage culturel et religieux. Loin de vouloir endoctriner les élèves en prônant une quelconque idéologie, une formation de qualité se doit de transmettre ce qui constitue les assises de la société qui héberge les élèves. La culture offre des valeurs consistantes, apporte une fierté nationale, lève le voile sur des points de repère collectifs, structure l’identité individuelle et stimule le sens critique puisqu’elle développe un sentiment de sécurité, fondamental dans la pyramide des besoins du psychologue Abraham Maslow, et un désir de se renseigner et de se réaliser.













