«Nous ne voulons pas être une province pas comme les autres, nous voulons être un pays comme les autres.» - Pierre Bourgault
« […] ce que le peuple n’a pu gagner un jour, il n’y renonce jamais et finit toujours par l’obtenir. » - Louis-Joseph Papineau

vendredi 27 avril 2007

Plaidoyer pour une culture épanouie à l'école

Complétant ma dernière année au baccalauréat ès sciences - spécialisation enseignement primaire, j'ai voulu tirer quelques leçons de ma formation afin de les réinvestir dans une réflexion sociopolitique. Ce billet lève le voile sur ma perception de la place que devrait occuper la culture dans le système éducatif québécois ainsi que les raisons pour lesquelles je crois en cette formule. Je me penche également sur l'implantation du programme d'éthique et de culture religieuse qui aura lieu en 2008 et qui survolera les principales religions du monde.

1. Un ensemble de valeurs auquel l’enfant se réfère

La culture, au sens large, définit une bonne partie de l’identité d’un individu. Elle représente bien souvent l’essentiel des idéaux que les parents d’un enfant veulent lui transmettre. À cet égard, il est apparemment nécessaire de véhiculer les valeurs de la nation dans ses institutions publiques. Au Québec, le publicitaire Jacques Bouchard écrivait en 2006, dans son essai Les nouvelles cordes sensibles des Québécois, que l’amour de la nature, la fidélité au patrimoine, la tolérance et la solidarité continentale étaient des leitmotivs qui rassemblaient la population. Pour sa part, le sociologue Gérard Bouchard, lors d’une récente conférence à l’Université de Montréal, affirmait que l’interculturalisme, le pluralisme, le développement durable, l’écologisme, l’éthique publique, la société civique et l’excellence guidaient maintenant les pas des jeunes adultes au Québec. Devant ces constats, l’enseignant pourra certainement exploiter des avenues qui illustreront les valeurs québécoises tels le droit à l’égalité et l’exaltation du pacifisme, notamment.

2. Une fierté liée aux réalisations de nos ancêtres
L’enfant pourra s’identifier à son milieu s’il est amené à partager des valeurs communes avec lui. L’élève sera également à même d’apprécier davantage ses conditions de vie s’il est invité à porter un regard sur les legs des générations antérieures. Sans contact avec son passé, une population dispose elle aussi d’un handicap important. L’éducation à l’héritage culturel et religieux permet l’accès à l’histoire, à la politique, à l’art et à toutes les sphères de la vie, tant manuelles qu’intellectuelles. Même si le programme en univers social se charge de l’objectif historique, l’initiation à l’héritage culturel et religieux des élèves devient un nouveau levier qui peut empêcher de répéter les mêmes erreurs de nos prédécesseurs, de mettre à profit leurs prouesses et de freiner la généralisation de l’éclatement du sentiment d’appartenance qui découle de l’individualisme.

3. Des repères culturels menant à la sélection de nos comportements et de nos intérêts
Dans le même sens d’idées, se familiariser avec la culture ambiante et avec les préceptes des grandes religions environnantes pousse l’élève à estimer sciemment ce qu’il côtoie. Ainsi, le jeune citoyen distinguera les différents types d’architecture, s’intéressera à la langue française et aura envie de vivre au sein de sa communauté et de la promouvoir, en visionnant des films du cinéma québécois, en assistant à des spectacles de la scène artistique ou en choisissant librement sa voie spirituelle en ayant conscience de la prépondérance de quelques mouvements religieux sur le territoire national où il réside. À ce propos, « la présence des religions au Québec est […] une évidence : les traditions chrétiennes, catholiques et protestantes, le judaïsme et les spiritualités amérindiennes ont depuis longtemps fait leur marque et influencé la culture québécoise . » L’enfant, à l’affût des caractéristiques de sa société en constante évolution, développera une connaissance de soi à travers ce cheminement. Les repères culturels qu’il « reconnaîtra » le guideront dans ses agissements et dans ses attitudes, dans des situations particulières durant lesquelles il fera appel aux comportements socialement acceptables.

4. Une sécurité identitaire facilitant l’ouverture sur le monde
Comprendre ce qui nous entoure nous rend apte à saisir l’incidence de nos origines. L’attachement à une culture renforce alors la capacité à considérer les « autres », différents de soi. Par conséquent, l’élève qui a construit sa personnalité à partir de la culture de sa société d’accueil et qui a retenu plusieurs valeurs partagées par les habitants devrait s’éloigner de la xénophobie, ce dernier n’était pas affolé par une quelconque incompréhension envers ses voisins. Accorder une importance aux religions dominantes sur un territoire donné facilite aussi l’acceptation des différences et incite les jeunes à communiquer avec leurs semblables, même s’ils ne partagent pas tous les mêmes appartenances religieuses, par exemple. Cette culture de proximité rassure l’enfant et ne le rend pas vulnérable face à la grande mosaïque culturelle qu’il peinerait à décoder sans sa propre identité sociétale.

5. Un outil de réflexion sur nos rôles et nos devoirs au sein de la société
Qui plus est, l’essor d’un sens critique devrait émerger avec un parcours qui accorde une place à l’héritage culturel et religieux. L’élaboration de projets collectifs, fomentés grâce à des buts communs, recevra davantage d’appuis si une parcelle d’unité se maintient à certains égards. L’idée d’aborder le patrimoine culturel et religieux à l’école aura pour effet de renchérir la compétence transversale d’ordre personnel et social Structurer son identité. Le survol des droits acquis, des impératifs sociaux – les devoirs des citoyens seront d’ailleurs rassemblés dans une charte qui est rédigée en ce moment par les Nations unies et qui sera déposée en 2012 – et des responsabilités de chacun d’entre nous, autour des réalités culturelles et religieuses d’une nation, encouragera les élèves à sélectionner ce qu’ils considèrent comme juste en s’appuyant sur leurs apprentissages. Cette vision élargie de la société engendrera peut-être un intérêt grandissant envers des emplois que les enfants n’avaient pas encore considérés.

Quelles attitudes, quel comportement et quelles actions dois-je privilégier ?
L’enseignant, à mon avis, doit se présenter en tant que passeur culturel et doit, par conséquent, faire la promotion de la culture de la société pour laquelle il travaille. Pour ce qui est de l’aspect religieux, je crois que l’enseignant doit tracer un portrait des réalités spirituelles qui colorent la plupart des citoyens du pays. Bien que je sois tenté par la déconfessionnalisation intégrale des établissements publics d’enseignement primaire, je suis conscient que la religion et la spiritualité peuvent être bénéfiques et permettent même un épanouissement. Puisque les parents veulent diriger leurs enfants vers des apprentissages conformes à leur culture tout en maintenant une ouverture d’esprit, je soutiens le projet de cours qui survolerait les grandes religions de la Terre. De cette façon, la compréhension interculturelle sera privilégiée. Compte tenu de ce qui précède, la diversité culturelle a elle aussi une place de choix dans mon rôle de futur professionnel. L'interculturalisme caractérise d’ailleurs déjà la société québécoise depuis un certain temps, principalement dans les métropoles. La poursuite du bien commun et la reconnaissance de l’autre, qui forment les objectifs du programme d’éthique et de culture religieuse, pourront être véhiculées dans les récits lus aux jeunes du préscolaire, par exemple, et mis de l’avant dans des saynètes en art dramatique au primaire, entre autres.

Quels sont les empêchements extérieurs à moi ?
Évidemment, nous ne pouvons pas contrôler tous les paramètres qui nous entourent. L’intolérance du milieu de l’élève et l’ignorance entérinée par des propos populistes peuvent parfois compliquer la tâche de l’enseignant. L’exemple des accommodements raisonnables est assez symptomatique. Pour cause, les habitants des régions, qui ne côtoient pas les résidants des communautés religieuses et culturelles, se sont soulevés contre des concessions qu’ils estimaient déraisonnables. Pourtant, il est difficile de comprendre de quelle façon ces derniers s’y se sont pris pour juger les demandes des citoyens d’allégeances religieuses, ces derniers étant infiniment marginaux, voire absents, dans les banlieues du Québec. Le phénomène Hérouxville , fortement diffusé, m’amène à penser que des biais médiatiques peuvent aussi entrer en ligne de compte. Comme le disait si bien l’Imam de la mosquée que j'ai visitée récemment, même les journalistes peuvent parfois confondre les discours d’une religion avec les pratiques qui ont cours dans certains pays. Nous devrons donc peser nos mots dans notre classe avant de confirmer ou d’infirmer certaines informations à propos d’un mode de pensée religieux donné. Parallèlement à ces réalités, les croyances des parents peuvent aussi interférer nos interventions. Faire preuve de la plus grande neutralité sera assurément la clé du succès de l’enseignement de l’héritage culturel et religieux dans le milieu scolaire.

Conclusion
Je tiens à mentionner que cet exercice réflexif a été réalisé avec enthousiasme puisque le questionnement que j’ai retenu a aiguisé mon analyse de la place qu’occupe la culture actuellement dans les écoles du Québec.

En tout état de cause, je prends position en faveur de l’enracinement des enfants dans leur héritage culturel et religieux. Loin de vouloir endoctriner les élèves en prônant une quelconque idéologie, une formation de qualité se doit de transmettre ce qui constitue les assises de la société qui héberge les élèves. La culture offre des valeurs consistantes, apporte une fierté nationale, lève le voile sur des points de repère collectifs, structure l’identité individuelle et stimule le sens critique puisqu’elle développe un sentiment de sécurité, fondamental dans la pyramide des besoins du psychologue Abraham Maslow, et un désir de se renseigner et de se réaliser.

jeudi 19 avril 2007

Programme du PQ, version Fournier-Dorion

  1. Le Parti québécois a pour objectif primordial de réaliser la souveraineté du Québec
    - Suivant son élection, le PQ pourra appliquer des gestes de rupture en regard du Canada :
    • Composition d'un hymne national;
    • Adoption d'une constitution (modèle Turp) et création d'une citoyenneté québécoise (projet de loi 195);
    • Développement d'outils médiatiques (journal, site Web) pour promouvoir son option;
    • Mise en fonction d'un service téléphonique pour répondre aux questionnements des citoyens;
    • Instauration de moyens de communication entre le gouvernement québécois et la population (échange d'idées sur Internet, intérêt accordé aux initiatives citoyennes, etc.).
    - Le référendum demeure l'ultime consultation avant la promulgation de la déclaration d'indépendance du Québec par les députés de l'Assemblée nationale:
    • Plébiscite mis de l'avant en fonction d'une conjoncture favorable;
    • Le seuil du 50%+1, signe d'une majorité, est suffisant pour officialiser la victoire du OUI;
    • Démarche d'accession à la souveraineté à revoir suite à une défaite électorale.
    - Le parti indiquera clairement qu'il se positionne en tant que social-démocrate, mais qu'il réprésente avant tout la grande coalition souverainiste ; ce faisant, le PQ respecte son idéologie première tout en établissant les ponts avec les autres mouvements sécessionnistes et/ou autonomistes.
    • Lors de campagnes électorales déterminantes, le PQ insistera fortement sur son caractère rassembleur des forces souverainistes, de gauche et de droite.
    - L'adoption d'une loi permettant l'initiative de consultation populaire, qui autorise les citoyens à exiger la tenue d'un référendum sous n'importe quel gouvernement en soumettant une pétition officielle, visera à offrir un nouvel outil de taille à la population.
  2. Le Parti québécois secondera à l'Assemblée nationale les énoncés et les projets de loi présentés par d'autres partis qui accroissent les pouvoirs du Québec
  3. Le Parti québécois entend laïciser l'ensemble des institutions publiques québécoises
  4. Le Parti québécois présentera une réforme du mode de scrutin en faveur d'un modèle mixte compensatoire, préférablement un système majoritaire combiné à la proportionnelle intégrale
    - L'électeur disposera de deux votes sur son bulletin, l’un pour un candidat de circonscription (mode majoritaire) et l’autre pour un parti politique (mode proportionnel), ce qui donnera la possibilité à l’électeur d’appuyer un candidat local qu’il apprécie, issu d’une organisation politique quelconque, et de voter en faveur du parti qui représente ses idéaux :
    • 50 députés seront élus selon une formule de représentation proportionnelle dans un district national (1 député élu par tranches de 2% obtenues à l'échelle provinciale);
      • Chacun des partis politiques présentera une liste de candidats qui seront élus selon leur ordre d'apparition en fonction des résultats électoraux ; le chef trônera au sommet de la liste et il sera suivi de candidats témoignant du pluralisme québécois (minorités ethnoculturelles, candidats des milieux ruraux, femmes, autochtones, candidats compétents et vedettes).
    • 75 députés de région seront élus dans 75 circonscriptions selon l'ancien modèle uninominal à un tour;
      • Le vote alternatif, qui invite l’électeur à exprimer ses premier, deuxième et troisième choix sur le bulletin de vote, mènera inévitablement un candidat à la majorité absolue (50%+1).
  5. La forme de gouvernement d'un Québec indépendant prônée par le Parti québécois est la République.
    • Ce type d'État, dont la souveraineté est détenue par le consentement populaire et dans lequel le gouvernement est composé de citoyens élus par le peuple, est défini par opposition à la monarchie.
      • Il privilégie la liberté et l'égalité du citoyen, la participation citoyenne, la solidarité et la laïcité.
      • L'égalité civique, exempte de discrimination, s'acquière politiquement par l'adhésion à la République, à sa culture et à sa langue.
    • L'abolition du poste de Lieutenant-gouverneur, le représentant de la reine d'Angleterre, pourrait être effectuée dans la foulée des gestes de rupture.
  6. Par ordre d'importance, les priorités d'un gouvernement péquiste seront les suivantes:
    • Éducation
    • Environnement et développement durable
    • Identité nationale et interculturalisme (pluralisme ethnoculturel autour d'une langue commune)
    • Innovation
    • Démocratie participative
    • Santé

jeudi 5 avril 2007

Gauche ou Droite ?













De gauche à droite (scène férédale) : Parti marxiste-léniniste du Canada, Nouveau parti démocratique, Parti vert du Canada, Bloc québécois, Parti libéral du Canada, Parti conservateur, Parti de l'héritage chrétien du Canada

De gauche à droite (scène provinciale) : Parti marxiste-léniniste du Québec, Québec solidaire, Bloc pot, Parti vert du Québec, Parti québécois, Parti libéral du Québec, Action démocratique du Québec et Parti démocratie chrétienne du Québec

Tout supprimer, hormis l'article 1 du Parti québécois ? Attention!

Article 1 : Réalisation de la souveraineté politique du Québec
Bien que Louis Bernard soit un éminent magistrat du rassemblement indépendantiste, j'ai bien du mal à concevoir sa position. Évidemment, la raison d'être du Parti québécois est de réaliser la souveraineté, je suis d'accord. À l'instar de M. Bernard, je considère que nous nous devons d’en parler régulièrement avec passion. Toutefois, la proposition de limiter le programme du PQ au premier article me semble déraisonnable.

La population, qui hésite depuis des années à appuyer massivement le projet d’émancipation, malgré un mouvement de sympathie constamment renouvelé, devra être rassurée quant aux capacités des péquistes de gouverner temporairement la province du Québec avant d'accéder à la souveraineté.

L'idée de redorer le projet nationaliste est une évidence que je ne remettrai jamais en question, mais l'impasse du Parti québécois ne se résoudra pas en effaçant ses engagements en tant que provinciaux au statut non permanent. Ces contrats entre le parti et les citoyens seront repris par le régime républicain présidentiel de l’État québécois lorsqu’il accédera à sa pleine autonomie. Déliés de nos cordes canadiennes, nous pourrons conforter nos promesses provinciales, remaniées par notre jeune pays, en démontrant que la liberté nationale nous rend encore plus efficaces et que les changements véhiculés s’opèreront directement, sans délais royalistes.

Sans l’acceptation de gouverner au sein du Canada jusqu'à ce que nous obtenions l'aval populaire d’enclencher les négociations sécessionnistes, le Parti québécois n'aurait jamais pu offrir au peuple qu'il représente toutes les prérogatives sociales et les avancées dignes d'une prodigieuse modernisation. Devant la crainte d’un PQ marginalisé, vers quelle alternative les électeurs vacillants se tourneraient-ils? En ce moment, outre les péquistes, les libéraux et les adéquistes, qui forment un axe qui tend à droite, recueillent l'essentiel des appuis. De ce fait, le Québec aurait le temps d'être désorienté par l'éclatement de la social-démocratie avant même de songer au nouveau Parti québécois.

Je préfère m'en remettre aux gestes de rupture qui ont été effrontément repris par l'ADQ, c'est-à-dire la rédaction et l'adoption d'une constitution et la création d'une citoyenneté québécoise. Ce vol idéologique témoigne d'un opportunisme qui a connu un véritable succès aux dernières élections... Qu'attendons-nous pour agir? Le référendum ne doit pas définir le Parti québécois ; il y prend beaucoup trop de place.

Radicaliser le parti en disant « si vous ne voulez pas de la souveraineté, alors ne votez pas pour nous » relève d'un décalage flagrant avec les exigences de plus en plus grandes d'une population de plus en plus éduquée.

mardi 3 avril 2007

Citation de la semaine II

« Ici on parle français, donc, c'est ça qui nous distingue des autres personnes dans le continent. Donc, on est comme des Astérix, il faut garder notre Gaule. Il faut garder notre village et avoir notre culture à nous. »
- Duc Nguyen, propriétaire d'un dépanneur