Grâce à cet effondrement, plusieurs réalités sont désormais perfectibles à court et à moyen termes. J'aborderai dans ce billet des enjeux d'actualité.
La fin de l'absolu référendaire

L'attente de « la » victoire était devenue risible et rendait compte de la démission identitaire du Parti québécois. Le OUI, symbole ultime de l'aval populaire, repoussait dans ses derniers retranchements toutes les possibilités d'avancées nationalistes. Aujourd'hui, au gré de deux projets de loi, Pauline Marois met un terme à l'obligation d'attendre une consultation populaire en suggérant une rafale de mesures pour contrer l'improductivité engendrée par les hésitations de ses prédécesseurs ; ces mesures seraient adoptées dès l'élection d'un gouvernement péquiste et elles seront possiblement abordées sous l'actuelle législature.
L'application de résolutions oubliées : les projets de lois 195 et 196
Voulant corriger le tir des grossièretés véhiculées dans certains médias, il est nécessaire de faire valoir que la constitution du Québec et la citoyenneté québécoise dorment dans les coffres du Parti québécois depuis beaucoup plus longtemps que dans ceux de l'Action démocratique du Québec! En effet, dès 1976, puis en 1980 et finalement en 1995, le PQ formulait sans l'ombre d'un doute le souhait d'adopter lesdits actes politiques à valeur juridique! Aujourd'hui, Pauline Marois le rappelle explicitement en devançant le blocage référendaire, qui a trop souvent freiné les propositions porteuses de sens pour les Québécois. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, de voir paraître des livres polémiques comme La dénationalisation tranquille de Mathieu Bock-Côté (un bref résumé est disponible ici) qui décrient l'éclatement du discours rassembleur autour des racines du peuple francophone.
Les devoirs et les droits d'un citoyen québécois sur des terres francophiles
Nous nous voulons bilingues - voire trilingue ou polyglotte - et nous aspirons à une plus grande unicité dans une société civile communiquant en français, notre langue commune. Nous relançons le débat de l'interculturalisme pour insuffler une meilleure intégration qui, dans les faits, assurera une cohésion entre des acteurs qui représentent la fabuleuse diversité contemporaine. Pouvant transmettre ces apports ethnoculturels en solidifiant nos relations, les citoyens, unis sur le pont francophone, pourront comprendre l'«autre» et lui ouvrir les bras en véhiculant les valeurs québécoises, lesquelles seront vraisemblablement circonscrites à la fin de la commission Bouchard-Taylor. La vision sectaire du chroniqueur André Pratte dans son plus récent article, qui condamne la revalorisation du français, jugée futile et hors propos en raison de sa «robustesse», oublie outrageusement de considérer que les demandes d'accommodements déraisonnables proviennent de membres isolés des communautés qui exacerbent un repli sur soi en refusant le vivre-ensemble. Les pratiques d'accommodement convenables, elles, revendiquent un levier visant l'inclusion qui tient compte des disparités culturelles et religieuses. En d'autres termes, l'une favorise la ghéttoïsation tandis que l'autre convoite l'insertion sociétale.
Pour ce qui est des attaques de certains à l'égard du projet de citoyenneté québécoise, selon lesquelles des dispositifs seraient discriminatoires, il est impératif de faire valoir que le Canada a lui-même créé deux classes d'individus : les citoyens canadiens pouvant voter lors des élections et les résidents permanents sans citoyenneté exclus de la vie politique. Dans un texte publié ce matin, Jean-François Lisée illustre pertinemment la validité du nouveau modèle de citoyenneté interne québécoise en le comparant à d'autres cas déjà existants. Pierre Curzi, député de Borduas, a également fait une mise au point éclairante lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.
Recommandation : L'initiative de consultation populaire
Les souverainistes devraient une fois pour toute offrir à la population la possibilité d'exiger la tenue d'un référendum portant sur l'indépendance nationale sous n'importe quels gouvernements, qu'ils soient péquiste, adéquiste ou libéral. En ajoutant l'option du dépôt d'un nombre non négligeable de signatures pour enclencher immédiatement un référendum, le Québec se doterait d'un outil puissant qui ne relèverait pas de l'élection d'un parti souverainiste. Lors des marées nationalistes, les citoyens pourraient alors réclamer de se faire entendre démocratiquement sur l'avenir de leur peuple même si le parti au pouvoir était un ardent fédéraliste. Cette voie, même si elle n'est jamais empruntée, aura rassuré la population en lui donnant des pouvoirs d'action et de décision.
L'ONU à Montréal
Tout le monde en parle! Ce plan ambitieux de déménagement des locaux newyorkais onusiens sur le terrain du Silo à grain numéro 5 dans le Vieux-Port de Montréal confèrerait hors de tout doute un rayonnement international accru pour le Québec en plus de renforcer le caractère historique de la métropole montréalaise, l'un des premiers berceaux de l'Amérique du Nord occidentalisée. Une cité globale pouvant accueillir l'Assemblée générale de l'ONU et permettant de loger les diplomates et les dignitaires de tous les États membres serait merveilleusement bien située. Évidemment, ce projet n'a aucune prétention, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, lui donnant une chance sur 10 de voir le jour.
Quoiqu'il en soit, cette ébauche me laisse à penser, encore une fois, qu'il est primordial de multiplier les grands chantiers.
L'application de résolutions oubliées : les projets de lois 195 et 196
Voulant corriger le tir des grossièretés véhiculées dans certains médias, il est nécessaire de faire valoir que la constitution du Québec et la citoyenneté québécoise dorment dans les coffres du Parti québécois depuis beaucoup plus longtemps que dans ceux de l'Action démocratique du Québec! En effet, dès 1976, puis en 1980 et finalement en 1995, le PQ formulait sans l'ombre d'un doute le souhait d'adopter lesdits actes politiques à valeur juridique! Aujourd'hui, Pauline Marois le rappelle explicitement en devançant le blocage référendaire, qui a trop souvent freiné les propositions porteuses de sens pour les Québécois. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, de voir paraître des livres polémiques comme La dénationalisation tranquille de Mathieu Bock-Côté (un bref résumé est disponible ici) qui décrient l'éclatement du discours rassembleur autour des racines du peuple francophone.
Les devoirs et les droits d'un citoyen québécois sur des terres francophiles
Nous nous voulons bilingues - voire trilingue ou polyglotte - et nous aspirons à une plus grande unicité dans une société civile communiquant en français, notre langue commune. Nous relançons le débat de l'interculturalisme pour insuffler une meilleure intégration qui, dans les faits, assurera une cohésion entre des acteurs qui représentent la fabuleuse diversité contemporaine. Pouvant transmettre ces apports ethnoculturels en solidifiant nos relations, les citoyens, unis sur le pont francophone, pourront comprendre l'«autre» et lui ouvrir les bras en véhiculant les valeurs québécoises, lesquelles seront vraisemblablement circonscrites à la fin de la commission Bouchard-Taylor. La vision sectaire du chroniqueur André Pratte dans son plus récent article, qui condamne la revalorisation du français, jugée futile et hors propos en raison de sa «robustesse», oublie outrageusement de considérer que les demandes d'accommodements déraisonnables proviennent de membres isolés des communautés qui exacerbent un repli sur soi en refusant le vivre-ensemble. Les pratiques d'accommodement convenables, elles, revendiquent un levier visant l'inclusion qui tient compte des disparités culturelles et religieuses. En d'autres termes, l'une favorise la ghéttoïsation tandis que l'autre convoite l'insertion sociétale.
Pour ce qui est des attaques de certains à l'égard du projet de citoyenneté québécoise, selon lesquelles des dispositifs seraient discriminatoires, il est impératif de faire valoir que le Canada a lui-même créé deux classes d'individus : les citoyens canadiens pouvant voter lors des élections et les résidents permanents sans citoyenneté exclus de la vie politique. Dans un texte publié ce matin, Jean-François Lisée illustre pertinemment la validité du nouveau modèle de citoyenneté interne québécoise en le comparant à d'autres cas déjà existants. Pierre Curzi, député de Borduas, a également fait une mise au point éclairante lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.
Recommandation : L'initiative de consultation populaire
Les souverainistes devraient une fois pour toute offrir à la population la possibilité d'exiger la tenue d'un référendum portant sur l'indépendance nationale sous n'importe quels gouvernements, qu'ils soient péquiste, adéquiste ou libéral. En ajoutant l'option du dépôt d'un nombre non négligeable de signatures pour enclencher immédiatement un référendum, le Québec se doterait d'un outil puissant qui ne relèverait pas de l'élection d'un parti souverainiste. Lors des marées nationalistes, les citoyens pourraient alors réclamer de se faire entendre démocratiquement sur l'avenir de leur peuple même si le parti au pouvoir était un ardent fédéraliste. Cette voie, même si elle n'est jamais empruntée, aura rassuré la population en lui donnant des pouvoirs d'action et de décision.
L'ONU à Montréal
Tout le monde en parle! Ce plan ambitieux de déménagement des locaux newyorkais onusiens sur le terrain du Silo à grain numéro 5 dans le Vieux-Port de Montréal confèrerait hors de tout doute un rayonnement international accru pour le Québec en plus de renforcer le caractère historique de la métropole montréalaise, l'un des premiers berceaux de l'Amérique du Nord occidentalisée. Une cité globale pouvant accueillir l'Assemblée générale de l'ONU et permettant de loger les diplomates et les dignitaires de tous les États membres serait merveilleusement bien située. Évidemment, ce projet n'a aucune prétention, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, lui donnant une chance sur 10 de voir le jour.
Quoiqu'il en soit, cette ébauche me laisse à penser, encore une fois, qu'il est primordial de multiplier les grands chantiers.












3 commentaires:
Très intéressant tout ça.
Je me tiens assez loin des vétilles de Pratte, et me rends compte ici que je fais bien!
Dans le contexte mondialisant, ce n'est pas en intégrant à demi les nouveaux arrivants en français qu'elle va continuer à être robuste longtemps... si elle l'est, bien sûr!
André Pratte en remet à propos de la défense du français au Québec.
Celui-ci dit que la souveraineté n'y changerait rien.
Ici pour l'Écouter
http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=26
GL
Merci Guillaume,
Je ne connaissais pas ce média universitaire sur le cyberespace.
La réplique de Pratte ne m'étonne pas...
Demeurons vigilants!
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