La société québécoise a jugé qu'il était important de recentrer les aspirations du gouvernement en éparpillant son vote ici et là le 26 mars dernier. C'est donc dire qu'elle ne sait pas encore exactement vers quelle tendance se tourner. Nous aurons, vraisemblablement, un an pour préparer la relève politique. Elle aura l'obligation d'offrir un plan neuf et vivifiant. Ce plan devra faire taire les solutions populistes et rétrogrades qui ont réussi à séduire.Je tends une perche à ceux qui aimeraient contribuer au renouveau qui a été annoncé. Que vos idées soient à l'état embryonnaire ou qu'elles soient consistantes et posées, je vous invite à les diffuser massivement pour les inclure dans notre avenir.
J'ouvre maintenant mon sac pour y puiser des sujets qui marqueront notre futur national. J'y présente également des conclusions accompagnées de prémisses de remède. Il est important de souligner que je n'approuve pas nécessairement tous les éléments qui suivent. Ils serviront mes élucubrations, tout simplement.
Repenser la social-démocratie
La marge de manoeuvre du Québec est de plus en plus atrophiée par la croissance des dépenses en santé, ces dernières représentant, avec les services sociaux, 39% du dernier budget provincial. L'éducation (22%) et le service de la dette (12%) prennent aussi une place importante, le premier secteur étant tout à fait légitime, à l'opposé du second, qui est indésirable. D'autres domaines, comme les transports (3%), ne disposent que d'une infime part du gâteau budgétaire.
- Le système universel de santé publique est faillible
- Il importe d'accroître les pouvoirs de certains professionnels pour limiter la pénurie (responsabilités, quotas d'interventions des médecins, etc.).
- Le système de santé à deux vitesses, même s'il semble injuste pour les plus défavorisés, est une option qui pourrait désengorger les hôpitaux publics, relancer leur modernisation, amortir les coûts de fonctionnement et améliorer l'accès aux soins gratuits (dans ce contexte, des seuils minimums d'heures de travail en milieux publics seraient imposés).
- Il importe d'accroître les pouvoirs de certains professionnels pour limiter la pénurie (responsabilités, quotas d'interventions des médecins, etc.).
- La dette gruge les recettes miracles à court terme
- Une chasse au gaspillage dans tous les types d'administration devra être enclenchée.
- La réduction des dépenses de Québec devra s'effectuer au profit des champs essentiels (accès pour tous aux soins et au savoir, revenu minimum, vigueur de la langue française et de la culture, logement social, transports en commun, sécurité et ordre public).
- Les coffres du Fonds des générations, en plus des droits hydrauliques et des bénéfices d'Hydro-Québec, devrait se garnir par les redevances sur l'eau et par tous les excès et/ou fraudes dévoilés au grand jour, puis remboursés.
Par exemple, les dépenses non justifiées du Lieutenant-gouverneur et des élus devront être défrayées par le ou les coupables.
- Les dépenses croissent à un rythme effréné
- Les subventions accordées aux établissements dépassés ou non conformes aux valeurs sociétales devront être réduites.
Par exemple, les écoles privées devraient perdre progressivement leur financement gouvernemental puisqu'elles favorisent la discrimination et l'élitisme par la sélection. - Le désengagement nécessaire pour éviter l'étranglement financier et pour mieux soutenir les priorités gouvernementales devra être contenu et ne pourra en aucun cas miner les services vitaux.
- Les ONG, les associations relationnelles et les organismes de coopération devraient être favorisés fiscalement et financièrement pour soulager quelques responsabilités onéreuses de l'État.
- Les subventions accordées aux établissements dépassés ou non conformes aux valeurs sociétales devront être réduites.
- Les modes de transport et le développement urbain et rural ont été négligés
- Le marché devra être chapeauté par de grands réseaux de communication et de déplacements collectifs (voies de contournements des métropoles, ports, aéroport, trains de banlieue, métro, tramways).
- Les grands chantiers pourraient relancer une partie des secteurs névralgiques.
- La partialité et les volontés cachées du gouvernement se multiplient
- La transparence et la justice devront revenir à l'avant-plan, notamment en adoptant des positions laïques, pacifiques, humanistes et conciliatrices.
- La valorisation du gratuit en santé, en éducation et dans les transports collectifs devra être maintenue comme orientation idéale.
- Les piliers du progrès devront s'articuler autour de la créativité, de l'équité, du travail, de la mobilité et de la loyauté.
Prévoir le vieillissement de la population et la dégradation de l'environnement
- Le financement des retraites est menacé
- La combinaison de mesures correctives (augmentation de l'immigration, hausse de l'âge de la retraite, moratoire sur les baisses d'impôts, multiplication des taxes sur les produits de luxe) minimisera l'ampleur des conséquences.
- L'allègement financier alloué aux jeunes familles et la bonification des congés parentaux pourraient provoquer un boom de la natalité.
- Il faudra possiblement réduire les barrières à l'entrée de nombreuses professions pour contrer le déséquilibre entre les chômeurs, les travailleurs et les retraités.
- Les émissions de gaz à effet de serre diminuent trop peu rapidement
- Les cibles du protocole de Kyoto, déjà désuètes, devront être respectées sans conditions ; pour ce faire, des restrictions sévères doivent immédiatement entrer en vigueur (normes élevées pour encadrer ou interdire la vente de véhicules polluants, obligation de justifier l'achat de voiture encombrante, évaluation de la consommation d'énergie et des pratiques des entreprises émettant le plus de GES, amendes salées délivrées aux contrevenants servant à financer le Fond vert, décret amenant les compagnies à déposer un comte-rendu annuel de leurs stratégies de réduction des GES, etc.).
- Les cibles du protocole de Kyoto, déjà désuètes, devront être respectées sans conditions ; pour ce faire, des restrictions sévères doivent immédiatement entrer en vigueur (normes élevées pour encadrer ou interdire la vente de véhicules polluants, obligation de justifier l'achat de voiture encombrante, évaluation de la consommation d'énergie et des pratiques des entreprises émettant le plus de GES, amendes salées délivrées aux contrevenants servant à financer le Fond vert, décret amenant les compagnies à déposer un comte-rendu annuel de leurs stratégies de réduction des GES, etc.).
- Le développement énergétique ralentit et la consommation énergivore explose
- Les programmes d'efficacité énergique devraient devenir prioritaires.
Par exemple, l'implantation de panneaux solaires sur les habitations permet actuellement de fournir 90% de l'énergie nécessaire au chauffage domestique. - Les surplus énergétiques découlant de l'essor de l'éolien dans le nord québécois pourraient être vendus à l'étranger pour financer nos institutions.
- La production autosuffisante d'électricité dans les résidences, à l'aide de capteurs solaires ou de petites éoliennes, freinerait l'éclosion de projets de centrales hydroélectriques sur des cours d'eau controversés.
- Les programmes d'efficacité énergique devraient devenir prioritaires.
Refléter l'importance des nouvelles technologies dans nos décisions
- Les outils émergents qui facilitent la démocratie participative sont sous-utilisés
- La population pourrait contribuer à l'avancement des dossiers en déposant des projets ou des ébauches sur un site gouvernemental officiel et/ou dans les casiers postaux de chacun des bureaux des ministères ; les pistes les plus crédibles ou les plus novatrices seraient ensuite étudiées par les élus.
- Les gouvernements nationaux pourraient offrir leurs projets de loi en les publiant sur un site de partage supranational, lui-même divisé par thèmes ; l'innovation serait alors diffusée au nom du bien commun.
- Projection : Des consultations populaires pourraient être organisées à travers les objets nomades (ordinateurs portatifs, cellulaires, guichets dans les lieux stratégiques) et/ou résidentiels (téléphones, ordinateurs).
- La mondialisation morcelle l'épanouissement des vieilles entreprises, privilégie les oligopoles/monopoles et affaiblit les industries en forte régression
- Promouvoir la recherche universitaire et industrielle centrée sur les sujets d'avenir et les secteurs de pointe (nouveaux matériaux, véhicules hybrides, nouveaux carburants, énergies renouvelables, technologies écologiques, nanotechnologies, jeux vidéo, infrastructures numériques, aéronautique, etc.).
- Promouvoir la recherche universitaire et industrielle centrée sur les sujets d'avenir et les secteurs de pointe (nouveaux matériaux, véhicules hybrides, nouveaux carburants, énergies renouvelables, technologies écologiques, nanotechnologies, jeux vidéo, infrastructures numériques, aéronautique, etc.).












1 commentaires:
Je ne suis pas un séparatiste, mais en général, l'analyse que tu as faite est excellente. Pour la santé, je comprends ton agacement causé par l'inaccessibilité du secteur privé pour les gens défavorisés. Néanmoins, avec le nombre de gens qui iront vers le secteur privé, non seulement on peut penser au désengorgement du secteur public, mais il y a aussi l'importante somme d'argent que le gouvernement peut récupérer pour améliorer le secteur public si c'est nécessaire. Pour paraphraser Tony Blair, mieux vaut oublier l'obsession socialiste ou l'esprit borné néolibéral; il faut penser aux choses qui marchent. Bref, j'apprécie mieux un gouvernement qui me laisse le choix d'utiliser les services publics ou de profiter de ma liberté économique.
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