«Nous ne voulons pas être une province pas comme les autres, nous voulons être un pays comme les autres.» - Pierre Bourgault
« […] ce que le peuple n’a pu gagner un jour, il n’y renonce jamais et finit toujours par l’obtenir. » - Louis-Joseph Papineau

samedi 24 février 2007

Document de réflexion sur l'indépendance nationale - Deuxième partie

Vous retrouverez dans cette section une panoplie de questions (et de réponses) que la population se pose régulièrement au sujet de la souveraineté.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires ; je peaufinerai ce dossier inachevé.

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Pensez-vous que l'indépendance du Québec puisse être durable?
Il n'y a pas d'exemple de nation qui a opté pour l’indépendance et qui a ensuite décidé de réintégrer son pays d'origine. Par conséquent, l'indépendance du Québec, si elle se fait, sera assurément durable. L’influence transatlantique renforce également le caractère distinct de ce peuple. Pour cause, le Québec est l'endroit en Amérique du Nord où l'influence européenne est la plus visible. En matière de politique publique, d'attitude et de consommation culturelle, les Québécois sont les Nord-américains les plus européens. Cette caractéristique ne pourrait que s'amplifier en cas d'indépendance. De ce fait, la crise identitaire est techniquement inconcevable.

N'est ce pas trop tard pour l'indépendance du Québec ? Le peuple québécois a déjà eu deux référendums.
On pourrait penser, au contraire, qu'en 1980 ou 1995, la question fut posée trop tôt, et qu'il fallait attendre notamment la montée en puissance de l’économie québécoise, à laquelle on assiste depuis 25 ans, pour donner aux Québécois suffisamment de confiance pour oser le geste indépendantiste. Soulignons également que les résultats du référendum de 1995 sont controversés (voir la première partie du document de réflexion). Somme toute, ce dernier n’est pas représentatif.

Les résultats d'un référendum ont un fort impact. Une majorité simple ne vous semble-t-elle pas insuffisante du fait de la gravité des enjeux ?
Les enjeux sont graves, en effet. Cependant, le fait que jamais les Québécois n'ont approuvé par référendum la Constitution qui les lie au Canada –ils l'ont au contraire rejetée, de différentes façons– constitue la faille sur le socle de l'édifice canadien. S'il y avait aujourd'hui un référendum visant à confirmer la place actuelle du Québec dans le Canada, moins de 35% des Québécois approuveraient la proposition. La raison pour laquelle on s'interroge aujourd'hui sur la tenue d'un troisième référendum est que rien n'a été fait depuis le dernier, en 1995, pour satisfaire, même partiellement, le désir d'autonomie des Québécois au sein du Canada.

Le Québec a-t-il les moyens techniques et administratifs de son indépendance en termes d'énergie, de politique, d'administration?
Dans une entrevue qu'il donnait à Radio Canada, où il réitérait sa préférence pour un Canada uni, l'ancien président Bill Clinton ajoutait qu'il n'y avait, bien entendu, aucun doute sur la capacité du Québec d'être un État indépendant et prospère.

À quoi sert l'indépendance d'un pays dans un monde de plus en plus global ?
À voir l'acharnement avec lequel le gouvernement canadien refuse de partager une parcelle de sa souveraineté avec le Québec ; à voir le refus obstiné des États-Unis de déléguer une fraction de leur souveraineté au Tribunal pénal international ou à l'accord de Kyoto ; à voir le refus des Français de déléguer davantage de souveraineté à la construction européenne, on se dit, nous, pauvres provinciaux, qu'il doit y avoir une certaine valeur à devenir souverain.

Les troupes souverainistes sont plutôt divisées par les temps qui courent, le projet est-il en train de mourir ?
Pas du tout. Pour illustrer cette négation, regardons l'évolution des derniers événements pour comprendre l'état actuel de la cause nationale. D'une part, nous venons d'assister à la course à la direction du Parti québécois. Il est donc normal que les membres et les candidats de ce parti indépendantiste soient encore perplexes et incertains. Cependant, cette dissidence politique a favorisé l'émergence d'un groupe de nouveaux porte-parole qui gagnent en notoriété et en crédibilité, ce qui sera très utile au moment du futur référendum. De plus, nous avons assisté à la création d'un parti souverainiste de gauche (Québec solidaire) et à l'expression de personnalités indépendantistes de centre droit (Manifeste pour un Québec lucide) et de centre gauche (Manifeste pour un Québec solidaire). Tout cela fait un peu désordonné aujourd'hui, mais imaginez l'ampleur de la coalition souverainiste au moment de la prochaine campagne référendaire.

Sur quoi porteraient les négociations avec le Canada en cas de succès à un référendum sur l'indépendance?
Le maintien de l'espace économique commun (libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux) serait visé. Le maintien d'une monnaie commune –le dollar canadien– serait envisagé. L’établissement de garanties pour les droits de la minorité anglophone au Québec aurait aussi une certaine importance. De plus, les garanties pour les droits des minorités francophones dans le reste du Canada seraient également au cœur des négociations. Finalement, il faudrait réglementer les droits des autochtones québécois.

Mais si le Canada dit non ?
La Cour suprême, qui a indiqué que cette liste de sujets devait être négociée par le reste du Canada, a ajouté qu'en cas d'un refus canadien de négocier de bonne foi, il serait alors justifié pour le Québec de faire une déclaration unilatérale d'indépendance et de faire appel au soutien de la communauté internationale. Je n'ai aucun doute que dans ces conditions, et compte tenu des discours constants et cohérents des leaders français, la France serait la première à soutenir le Québec contre le refus canadien. Nous pouvons heureusement nous réjouir puisqu’un sondage national indique que 72% des Canadiens se disent favorables à la négociation d'un partenariat entre le Québec souverain et le Canada.


Sources : Articles de Jean-François Lisée

1 commentaires:

Ailes d'ange a dit…

Je voulais en profiter pour te dire que j'aime vraiment ton blogue, beaucoup même, je viens à peine de le découvrir et déjà, il me passionne. Continue ainsi!!!