La souveraineté, n’est-ce pas un geste de confrontation à l’égard des canadiens-anglais ?
Cette haine archaïque entre les anglophones et les francophones se trouve enfouie dans les pages de l’histoire québécoise et canadienne. En somme, cet élément ne motive plus la quête indépendantiste depuis des lustres. D’ailleurs, au moins 5% des anglophones et 15% des allophones au Québec sont ouvertement souverainistes.
L’indépendance n’est pas un geste xénophobe ou raciste, l'indépendance représente l'affirmation d'une société distincte (langue, culture, histoire, valeurs, etc.).
L’indépendance, c'est aussi une alternative découlant d'une déception face à un gouvernement qui n’est jamais parvenu à intégrer le Québec dans ses rangs.
La jeune génération québécoise est-elle, elle aussi, ouverte à la souveraineté ?
«Toujours mobilisés par le projet souverainiste, les jeunes militants québécois sont moins séduits par les partis politiques et leurs programmes. Ils voient davantage l'indépendance du Québec dans une perspective mondiale.
Les jeunes Québécois ont de nouvelles attentes face au projet de société inévitablement associé à la souveraineté. Une volonté très forte s'exprime pour améliorer la qualité de vie, l'environnement, la santé publique. Mais ce n'est pas Ottawa qui répondra à ces aspirations[…]»
Source : Pourquoi les jeunes sont-ils souverainistes 40 ans plus tard?, La Presse
Quel système politique adopterions-nous dans un Québec souverain ?
L’indépendance du Québec nous mènerait vraisemblablement à la formation d’une république. Ce système politique à fait ses preuves. L’approche de centralisation, que nous retrouvons au sein du Canada, est beaucoup moins présente. L'élection d'un Président, qui s'occupe des affaires internationales, et d'un Premier ministre, qui se charge des dossiers internes, facilite les relations entre les différents acteurs, tant interétatiques que nationaux.
Le nouvel État pourrait aussi renforcer le caractère républicain de ses institutions et se doter d'une constitution, dans laquelle le Québec se proclamerait république fédérée francophone.
Pour ce qui est de sa division interne, il est probable que le Québec opterait pour des départements (ex. : La France). Nous conserverions les limites des régions administratives actuelles et transférerions les pouvoirs aux différents secteurs.
Un troisième référendum me semble excessif. Deux défaites souverainistes (1980 et 1995), n’est-ce pas suffisant ?
Il importe tout d'abord de souligner que le Canada et les fédéralistes ont essuyé eux aussi, de leur côté, deux grandes défaites en ce qui concerne l'adhésion du Québec à la constitution canadienne de 1982, soit en 1987 (Accord du lac Meech) et en 1992 (Entente de Charlottetown).
Qui plus est, bien que le référendum de 1980 soit une défaite incontestable du camp souverainiste, le deuxième référendum, lui, ne peut pas être pris en considération, le Parti libéral ayant violé les lois électorales. En principe, c’est l’option du OUI qui aurait dû gagner.
1) L'une des principales violations réside dans le fait que le gouvernement du Canada a gonflé substantiellement le nombre d'électeurs disposés à voter contre la souveraineté du Québec.
Le nombre d'attributions de la citoyenneté au Québec est soudainement passé de 23 799 en 1993 à 43 855 en 1995, soit un taux d'augmentation de 87% en deux ans.
2) Au terme d'un examen exhaustif du dossier, en 1998, le Directeur général des élections a reconnu que 56 000 personnes inscrites sur la liste électorale n'avaient pas droit de vote et que ces noms devaient être radiés.
Rappelons que les résultats officiels du référendum de 1995 indique une mince victoire du Non: un score de 50,6%, soit une majorité de 54,288 voix.
3) En 1992, seulement 3086 résidents hors-Québec avaient souhaité voter. Par contre, pour le référendum de 1995, on reçoit jusqu'à 500 demandes par jour ! Deux semaines avant le référendum, le gouvernement du Québec a obtenu une injonction pour mettre un terme à l'opération, mais le mal était déjà fait.
Les fraudeurs vont plus loin. Le directeur général des élections du Québec découvrit que près du tiers des gens qui avaient demandé qu'on leur envoie un bulletin de vote à l'extérieur se retrouvaient en même temps sur les listes québécoises! Plus de 4000 fraudeurs espéraient ainsi obtenir deux votes plutôt qu'un seul.
4) Lors du référendum de 1995, la SRC (Société Radio-Canada) et la CBC (Canadian Broadcasting Corporation) firent preuve d'une partialité flagrante pour favoriser les fédéralistes du camp du NON. Cette constatation vient d'un organisme indépendant : l'institut Fraser de Vancouver.
Il s'agit d'une entorse sérieuse et grave au code d'éthique journalistique qui bafoue les principes les plus fondamentaux du journalisme. Il fut depuis prouvé statistiquement que les émissions d'informations anglophones de la CBC avaient nettement avantagé le camp du NON au profit du camp du OUI.
Ce n'était donc pas qu'un rêve... Il n'y a eu qu'une seule véritable défaite. Il y a eu deux tentatives.
Jamais deux sans trois ?
Comment pouvons-nous éviter les fraudes lors d’un éventuel référendum ?
Des observateurs internationaux seront présents lors du prochain référendum pour contrer ces irrégularités antidémocratiques. D’autres mesures sont également envisagées.
Pourquoi croire en l’indépendance ? Ce sont des politiciens québécois qui ont été impliqués dans le scandale des commandites.
* Résumé du programme des commandites et du scandale (Radio-Canada)
Ce sont des politiciens québécois, certes, mais ils ne voulaient pas de la souveraineté. De plus, ces fédéralistes, représentants du Canada, voulaient justement briser la ferveur nationaliste en implantant ce programme.
Un tel scandale n'aurait pas pu avoir lieu ici. Les règles de financement électoral au Québec ont été resserrées par le gouvernement de René Lévesque dès 1977. Au fédéral, des failles juridiques et administratives ont permis au Parti libéral d'abuser de leur pouvoir et de berner la population québécoise.
Un Québec souverain serait-il prospère ?
François Legault, porte-parole du PQ en matière de développement économique, a rédigé un budget fictif. Le document qui suit dresse un bref portrait des finances d'un Québec souverain.
* Fichier PDF Finances d'un Québec souverain (Parti québécois, 2005)
Selon le rapport, l’État québécois, après cinq ans d’indépendance, engrangerait des gains d’environ 17 milliards de dollars.
Fait à noter - car plusieurs fédéralistes ont tenté de démolir la crédibilité du rapport - cinq experts en finances et en économie ont validé l'ensemble des hypothèses.
Est-ce vrai que les Canadiens s’opposent farouchement au projet indépendantiste ?
D’après Gilles Duceppe, les Canadiens acceptent de plus en plus la souveraineté.
Depuis son arrivée au Québec, suite aux visites des principales villes canadiennes, monsieur Duceppe fait montre d’un enthousiasme débordant. Il soutient que plusieurs Canadiens acceptent désormais l’option indépendantiste québécoise.
«Il est dans leur intérêt de négocier avec un Québec souverain pour le mieux être des deux peuples. Et pour nous, et pour eux. Ottawa empêche Québec d'évoluer comme il le voudrait et Québec empêche le Canada d'évoluer comme il le voudrait.»
Le Québec est la province la plus endettée au Canada… Bel exemple…
Le Québec n'est pas l'unique responsable de ses déficits. Le déséquilibre fiscal, principale cause des impasses budgétaires, est l'un des problèmes que le gouvernement central refuse de régler. En revanche, lorsque le gouvernement central souhaite coopérer, il arrive que le gouvernement libéral du Québec écarte ces opportunités.
Afin de mieux comprendre la situation, nous pouvons résumer le déséquilibre fiscal selon deux axes.
A) Déséquilibre vertical : Le gouvernement fédéral dispose de surplus budgétaires face aux provinces dont les dépenses sont plus élevées que leurs revenus.
B) Déséquilibre horizontal : Il existe des écarts de revenus entre les provinces qui découlent de leurs ressources respectives.
Des solutions ont été proposées :
1 - Financement des programmes provinciaux par des transferts fédéraux.
Cette « redistribution modérée », appliquée en fonction de la taille de la population des provinces, entretient malheureusement une dépendance entre les deux paliers de gouvernement. Elle mine aussi la répartition des compétences fédérales et provinciales.
2 - Transfert des points d'impôt
Ce retrait du gouvernement central de certains pouvoirs fiscaux (taxes) permet aux provinces de les rapatrier et de prélever lesdits montants. Ce procédé engendrerait un accroissement de l'autonomie du Québec.
En 2005 et en 2007, le gouvernement conservateur a annoncé qu'il réduirait la TPS de 1%. Cependant, le gouvernement de Jean Charest a refusé aveuglément d'augmenter la TVQ de 2% pour garnir les coffres provinciaux!
3 - Paiements de péréquation
Les transferts de richesse entre les provinces nanties et les provinces défavorisées seraient profitables pour le Québec, mais maintiendrait sa dépendance à long terme.
En 2007, Stephen Harper a opté pour cette solution. Toutefois, Jean Charest a refusé d'investir dans les programmes sociaux et a décidé de baisser les impôts, ce qui a été condamné par de nombreux acteurs de la société, le paiement de péréquation devenant inefficace.
Certains déficits ont même été imposés à l’économie québécoise.
Rappels historiques :
- 1840 : Acte d’Union. Fusion des deux Canada. La dette du Haut-Canada (environ 6 millions de dollars, un montant énorme pour l'époque) est épongée par le Bas-Canada. Le Québec paye de sa poche le développement de l'Ontario, qui avait des dettes excessivement plus importantes que celles du Bas-Canada.
- 1929 : Londres soutire la région du Labrador au Québec et l'offre à Terre-Neuve, qui ne fait même pas encore partie du Canada (perte de territoire, perte de matières premières très avantageuses).
- 1941 : Ottawa impose une loi pour emprunter de l'argent au Québec. En six ans, la province québécoise perd plus de 2 milliards de dollars. Ottawa n'en rendra seulement que 5%.
- 1969 : Ottawa décide de construire un aéroport à Montréal. Malgré l'opposition du Québec, qui favorise un autre site, le Fédéral expropriera 97000 acres (7% des meilleures terres agricoles du Québec). Mal située, Mirabel affaiblira Montréal et n'utilisera finalement que 5000 acres (5% de ce qui a été exproprié).
- 1995 : En 10 ans, le Québec a perdu 11 milliards en transferts fédéraux.
- 2007 : Le gouvernement fédéral affiche des surplus budgétaires imposants, sans pour autant redistribuer la richesse collective équitablement.
Ce ne sont, malheureusement, que quelques-unes des politiques d'affaiblissement économique prodiguées par Ottawa.
Le gouvernement fédéral ne nous aide-t-il pas régulièrement en signant des ententes avec le gouvernement du Québec ?
Si nous traitons des « contributions fédérales» survenues sous la pression constante de l'opposition officielle à Ottawa, le Bloc québécois, du Premier ministre libéral au Québec, Jean Charest - pourtant fédéraliste [!] - et de l’Opposition officielle à Québec avant 2007, le Parti québécois, quelques ententes ont effectivement eu lieu.
Cependant, il faut rappeler qu’Ottawa pratique l’ingérence dans les compétences provinciales et que les budgets qu’il nous accorde proviennent de nos portefeuilles. Le gouvernement fédéral ne se préoccupe que très peu des transferts. Ottawa patauge d'ailleurs dans les surplus tandis que le Québec récupère les quelques miettes qui ont été abandonnées par l’équipe de Paul Martin et qui le sont encore par celle de Stephen Harper.
Dans le même sens d’idée, le gouvernement fédéral a consacré 50 milliards de dollars au remboursement de sa dette entre 1997 et 2003. Ce remboursement a été rendu possible en bonne partie par l’étranglement financier infligé au Québec et aux provinces. Cette répression a également une incidence sur les finances publiques du Québec et des provinces, qui se trouvent devant des choix déchirants : des compressions budgétaires, des hausses d’impôt et/ou un alourdissement de la dette provinciale.
Cette dette, n’est-ce pas l’une des raisons valables pour rejeter l’indépendance ?
Non. La situation québécoise n'est pas vraiment problématique. Rappelons aussi que l'indépendance ferait passer notre budget de 55 milliards à 90 milliards de dollars.
En 2000, le Québec connaissait un endettement de l'ordre d'environ 49% du PIB en cumulant dette provinciale et part de la dette fédérale revenant au Québec.
Par comparaison, la dette publique en France était de 59,1% de son PIB en 2002. La Belgique et l'Italie sont, pour leur part, dans des conditions plus hasardeuses (autour de 100% de leur PIB).
Cette haine archaïque entre les anglophones et les francophones se trouve enfouie dans les pages de l’histoire québécoise et canadienne. En somme, cet élément ne motive plus la quête indépendantiste depuis des lustres. D’ailleurs, au moins 5% des anglophones et 15% des allophones au Québec sont ouvertement souverainistes.
L’indépendance n’est pas un geste xénophobe ou raciste, l'indépendance représente l'affirmation d'une société distincte (langue, culture, histoire, valeurs, etc.).
L’indépendance, c'est aussi une alternative découlant d'une déception face à un gouvernement qui n’est jamais parvenu à intégrer le Québec dans ses rangs.
La jeune génération québécoise est-elle, elle aussi, ouverte à la souveraineté ?
«Toujours mobilisés par le projet souverainiste, les jeunes militants québécois sont moins séduits par les partis politiques et leurs programmes. Ils voient davantage l'indépendance du Québec dans une perspective mondiale.
Les jeunes Québécois ont de nouvelles attentes face au projet de société inévitablement associé à la souveraineté. Une volonté très forte s'exprime pour améliorer la qualité de vie, l'environnement, la santé publique. Mais ce n'est pas Ottawa qui répondra à ces aspirations[…]»
Source : Pourquoi les jeunes sont-ils souverainistes 40 ans plus tard?, La Presse
Quel système politique adopterions-nous dans un Québec souverain ?
L’indépendance du Québec nous mènerait vraisemblablement à la formation d’une république. Ce système politique à fait ses preuves. L’approche de centralisation, que nous retrouvons au sein du Canada, est beaucoup moins présente. L'élection d'un Président, qui s'occupe des affaires internationales, et d'un Premier ministre, qui se charge des dossiers internes, facilite les relations entre les différents acteurs, tant interétatiques que nationaux.
Le nouvel État pourrait aussi renforcer le caractère républicain de ses institutions et se doter d'une constitution, dans laquelle le Québec se proclamerait république fédérée francophone.
Pour ce qui est de sa division interne, il est probable que le Québec opterait pour des départements (ex. : La France). Nous conserverions les limites des régions administratives actuelles et transférerions les pouvoirs aux différents secteurs.
Un troisième référendum me semble excessif. Deux défaites souverainistes (1980 et 1995), n’est-ce pas suffisant ?
Il importe tout d'abord de souligner que le Canada et les fédéralistes ont essuyé eux aussi, de leur côté, deux grandes défaites en ce qui concerne l'adhésion du Québec à la constitution canadienne de 1982, soit en 1987 (Accord du lac Meech) et en 1992 (Entente de Charlottetown).
Qui plus est, bien que le référendum de 1980 soit une défaite incontestable du camp souverainiste, le deuxième référendum, lui, ne peut pas être pris en considération, le Parti libéral ayant violé les lois électorales. En principe, c’est l’option du OUI qui aurait dû gagner.
1) L'une des principales violations réside dans le fait que le gouvernement du Canada a gonflé substantiellement le nombre d'électeurs disposés à voter contre la souveraineté du Québec.
Le nombre d'attributions de la citoyenneté au Québec est soudainement passé de 23 799 en 1993 à 43 855 en 1995, soit un taux d'augmentation de 87% en deux ans.
2) Au terme d'un examen exhaustif du dossier, en 1998, le Directeur général des élections a reconnu que 56 000 personnes inscrites sur la liste électorale n'avaient pas droit de vote et que ces noms devaient être radiés.
Rappelons que les résultats officiels du référendum de 1995 indique une mince victoire du Non: un score de 50,6%, soit une majorité de 54,288 voix.
3) En 1992, seulement 3086 résidents hors-Québec avaient souhaité voter. Par contre, pour le référendum de 1995, on reçoit jusqu'à 500 demandes par jour ! Deux semaines avant le référendum, le gouvernement du Québec a obtenu une injonction pour mettre un terme à l'opération, mais le mal était déjà fait.
Les fraudeurs vont plus loin. Le directeur général des élections du Québec découvrit que près du tiers des gens qui avaient demandé qu'on leur envoie un bulletin de vote à l'extérieur se retrouvaient en même temps sur les listes québécoises! Plus de 4000 fraudeurs espéraient ainsi obtenir deux votes plutôt qu'un seul.
4) Lors du référendum de 1995, la SRC (Société Radio-Canada) et la CBC (Canadian Broadcasting Corporation) firent preuve d'une partialité flagrante pour favoriser les fédéralistes du camp du NON. Cette constatation vient d'un organisme indépendant : l'institut Fraser de Vancouver.
Il s'agit d'une entorse sérieuse et grave au code d'éthique journalistique qui bafoue les principes les plus fondamentaux du journalisme. Il fut depuis prouvé statistiquement que les émissions d'informations anglophones de la CBC avaient nettement avantagé le camp du NON au profit du camp du OUI.
Ce n'était donc pas qu'un rêve... Il n'y a eu qu'une seule véritable défaite. Il y a eu deux tentatives.
Jamais deux sans trois ?
Comment pouvons-nous éviter les fraudes lors d’un éventuel référendum ?
Des observateurs internationaux seront présents lors du prochain référendum pour contrer ces irrégularités antidémocratiques. D’autres mesures sont également envisagées.
Pourquoi croire en l’indépendance ? Ce sont des politiciens québécois qui ont été impliqués dans le scandale des commandites.
* Résumé du programme des commandites et du scandale (Radio-Canada)
Ce sont des politiciens québécois, certes, mais ils ne voulaient pas de la souveraineté. De plus, ces fédéralistes, représentants du Canada, voulaient justement briser la ferveur nationaliste en implantant ce programme.
Un tel scandale n'aurait pas pu avoir lieu ici. Les règles de financement électoral au Québec ont été resserrées par le gouvernement de René Lévesque dès 1977. Au fédéral, des failles juridiques et administratives ont permis au Parti libéral d'abuser de leur pouvoir et de berner la population québécoise.
Un Québec souverain serait-il prospère ?
François Legault, porte-parole du PQ en matière de développement économique, a rédigé un budget fictif. Le document qui suit dresse un bref portrait des finances d'un Québec souverain.
* Fichier PDF Finances d'un Québec souverain (Parti québécois, 2005)
Selon le rapport, l’État québécois, après cinq ans d’indépendance, engrangerait des gains d’environ 17 milliards de dollars.
Fait à noter - car plusieurs fédéralistes ont tenté de démolir la crédibilité du rapport - cinq experts en finances et en économie ont validé l'ensemble des hypothèses.
Est-ce vrai que les Canadiens s’opposent farouchement au projet indépendantiste ?
D’après Gilles Duceppe, les Canadiens acceptent de plus en plus la souveraineté.
Depuis son arrivée au Québec, suite aux visites des principales villes canadiennes, monsieur Duceppe fait montre d’un enthousiasme débordant. Il soutient que plusieurs Canadiens acceptent désormais l’option indépendantiste québécoise.
«Il est dans leur intérêt de négocier avec un Québec souverain pour le mieux être des deux peuples. Et pour nous, et pour eux. Ottawa empêche Québec d'évoluer comme il le voudrait et Québec empêche le Canada d'évoluer comme il le voudrait.»
Le Québec est la province la plus endettée au Canada… Bel exemple…
Le Québec n'est pas l'unique responsable de ses déficits. Le déséquilibre fiscal, principale cause des impasses budgétaires, est l'un des problèmes que le gouvernement central refuse de régler. En revanche, lorsque le gouvernement central souhaite coopérer, il arrive que le gouvernement libéral du Québec écarte ces opportunités.
Afin de mieux comprendre la situation, nous pouvons résumer le déséquilibre fiscal selon deux axes.
A) Déséquilibre vertical : Le gouvernement fédéral dispose de surplus budgétaires face aux provinces dont les dépenses sont plus élevées que leurs revenus.
B) Déséquilibre horizontal : Il existe des écarts de revenus entre les provinces qui découlent de leurs ressources respectives.
Des solutions ont été proposées :
1 - Financement des programmes provinciaux par des transferts fédéraux.
Cette « redistribution modérée », appliquée en fonction de la taille de la population des provinces, entretient malheureusement une dépendance entre les deux paliers de gouvernement. Elle mine aussi la répartition des compétences fédérales et provinciales.
2 - Transfert des points d'impôt
Ce retrait du gouvernement central de certains pouvoirs fiscaux (taxes) permet aux provinces de les rapatrier et de prélever lesdits montants. Ce procédé engendrerait un accroissement de l'autonomie du Québec.
En 2005 et en 2007, le gouvernement conservateur a annoncé qu'il réduirait la TPS de 1%. Cependant, le gouvernement de Jean Charest a refusé aveuglément d'augmenter la TVQ de 2% pour garnir les coffres provinciaux!
3 - Paiements de péréquation
Les transferts de richesse entre les provinces nanties et les provinces défavorisées seraient profitables pour le Québec, mais maintiendrait sa dépendance à long terme.
En 2007, Stephen Harper a opté pour cette solution. Toutefois, Jean Charest a refusé d'investir dans les programmes sociaux et a décidé de baisser les impôts, ce qui a été condamné par de nombreux acteurs de la société, le paiement de péréquation devenant inefficace.
Certains déficits ont même été imposés à l’économie québécoise.
Rappels historiques :
- 1840 : Acte d’Union. Fusion des deux Canada. La dette du Haut-Canada (environ 6 millions de dollars, un montant énorme pour l'époque) est épongée par le Bas-Canada. Le Québec paye de sa poche le développement de l'Ontario, qui avait des dettes excessivement plus importantes que celles du Bas-Canada.
- 1929 : Londres soutire la région du Labrador au Québec et l'offre à Terre-Neuve, qui ne fait même pas encore partie du Canada (perte de territoire, perte de matières premières très avantageuses).
- 1941 : Ottawa impose une loi pour emprunter de l'argent au Québec. En six ans, la province québécoise perd plus de 2 milliards de dollars. Ottawa n'en rendra seulement que 5%.
- 1969 : Ottawa décide de construire un aéroport à Montréal. Malgré l'opposition du Québec, qui favorise un autre site, le Fédéral expropriera 97000 acres (7% des meilleures terres agricoles du Québec). Mal située, Mirabel affaiblira Montréal et n'utilisera finalement que 5000 acres (5% de ce qui a été exproprié).
- 1995 : En 10 ans, le Québec a perdu 11 milliards en transferts fédéraux.
- 2007 : Le gouvernement fédéral affiche des surplus budgétaires imposants, sans pour autant redistribuer la richesse collective équitablement.
Ce ne sont, malheureusement, que quelques-unes des politiques d'affaiblissement économique prodiguées par Ottawa.
Le gouvernement fédéral ne nous aide-t-il pas régulièrement en signant des ententes avec le gouvernement du Québec ?
Si nous traitons des « contributions fédérales» survenues sous la pression constante de l'opposition officielle à Ottawa, le Bloc québécois, du Premier ministre libéral au Québec, Jean Charest - pourtant fédéraliste [!] - et de l’Opposition officielle à Québec avant 2007, le Parti québécois, quelques ententes ont effectivement eu lieu.
Cependant, il faut rappeler qu’Ottawa pratique l’ingérence dans les compétences provinciales et que les budgets qu’il nous accorde proviennent de nos portefeuilles. Le gouvernement fédéral ne se préoccupe que très peu des transferts. Ottawa patauge d'ailleurs dans les surplus tandis que le Québec récupère les quelques miettes qui ont été abandonnées par l’équipe de Paul Martin et qui le sont encore par celle de Stephen Harper.
Dans le même sens d’idée, le gouvernement fédéral a consacré 50 milliards de dollars au remboursement de sa dette entre 1997 et 2003. Ce remboursement a été rendu possible en bonne partie par l’étranglement financier infligé au Québec et aux provinces. Cette répression a également une incidence sur les finances publiques du Québec et des provinces, qui se trouvent devant des choix déchirants : des compressions budgétaires, des hausses d’impôt et/ou un alourdissement de la dette provinciale.
Cette dette, n’est-ce pas l’une des raisons valables pour rejeter l’indépendance ?
Non. La situation québécoise n'est pas vraiment problématique. Rappelons aussi que l'indépendance ferait passer notre budget de 55 milliards à 90 milliards de dollars.
En 2000, le Québec connaissait un endettement de l'ordre d'environ 49% du PIB en cumulant dette provinciale et part de la dette fédérale revenant au Québec.
Par comparaison, la dette publique en France était de 59,1% de son PIB en 2002. La Belgique et l'Italie sont, pour leur part, dans des conditions plus hasardeuses (autour de 100% de leur PIB).












2 commentaires:
Pour les raisons que tu exposes dans cet article, on devrait parler d'échec référendaire lorsqu'on parle de ce qui s'est produit en 1995, et non de défaite référendaire. Je prépare d'ailleurs un billet sur ce sujet.
Julien, Excellent document! Bien rédigé, structure claire, nette et précise :). De plus, j'ai appris beaucoup de faits intéressants ( parfois même choquants!) Tu as réussi à éclaircir plusieurs ambigüités transmises par les médias, qui m'empêchaient de comprendre précisément la situation politique telle qu'elle est. Je t'encourage fortement à en publier d'autres. En espérant qu'ils soient lus par toutes et tous!! Continue tes beaux efforts ;) Vive le Québec liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibre :D anGe
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